Le CCIF, fleuron de la nouvelle extrême droite française, par Naëm Bestandji

Si les musulmans ne sont pas antisémites par essence, l’antisémitisme fait partie de l’ADN de l’intégrisme musulman. Une haine des Juifs qui puise ses racines dans leurs interprétations coraniques mais également dans l’antisémitisme européen, inscrit lui aussi dans l’histoire du Front National. Une des bases principales de l’antisémitisme moderne en Europe est un ouvrage écrit en 1898, “Les protocoles des sages de Sion”, à l’origine de la légende d’un complot juif mondial. Ainsi, pour les islamistes tout comme les antisémites européens, les Juifs seraient responsables de tous les maux de la terre, des problèmes économiques aux guerres en passant par les famines et autres problèmes du monde.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, des musulmans avaient protégé les Juifs du nazisme. Ce fut le cas au Maroc, pourtant sous protectorat français, dont le roi refusa de les livrer à la France de Vichy. Le monde musulman en général n’a pas montré un grand intérêt à la propagande antisémite allemande, malgré tous les efforts nazis en sa direction. Si de nombreux musulmans souhaitaient la victoire de l’Allemagne, c’était moins par antisémitisme que pour l’espoir d’une libération du joug des colonisations françaises et britanniques. Mais tous les musulmans n’ont pas eu la même attitude. Car si, comme le dit ironiquement Marwan Muhammad pour dédouaner les islamistes de tout antisémitisme, il n’y a pas eu un “mufti Hitler diplômé en charia de l’université de Médine”, il y a bien eu le mufti Al-Husseini Grand Mufti de Jérusalem… Il est l’antisémite musulman le plus connu de cette période.

L’antisémitisme du grand mufti

Jusque dans les années 1930, les Égyptiens musulmans et juifs cohabitaient sans heurts. A tel point que la propagande locale antisémite des nazis ne réussissait pas à s’implanter. Amin Al-Husseini et la toute jeune confrérie des Frères musulmans allaient faire évoluer la situation.

Le Grand Mufti était motivé par des raisons nationalistes dans le conflit israélo-palestinien naissant. Mais il était également profondément antisémite. Un antisémitisme nourri par sa perception de l’islam et l’antisémitisme européen. La “juiverie mondiale” lui parlait. Il n’a eu de cesse d’utiliser sa fonction pour islamiser la haine des Juifs en lui donnant un cadre religieux. Il était donc logiquement séduit par le nazisme et Adolf Hitler qu’il eut l’occasion de rencontrer. Il avait beaucoup de respect pour le petit moustachu haineux.

Dès janvier 1941, il lui proposa un soutien actif. En 1942, il devint le parrain du tout nouvel Institut Central Islamique de Berlin, créé avec le soutien des nazis. Depuis Berlin, il dirigea la résistance contre les Alliés au Proche-Orient et prêchait la guerre sainte contre les Juifs à la radio allemande. Il tenta de convaincre les musulmans, y compris non arabes, de s’engager militairement avec les allemands. Comme ce 2 novembre 1943 où il s’exprima à la radio internationale allemande à destination du Proche Orient : L’Allemagne combat un ennemi qui est aussi le nôtre. Ayant parfaitement saisi la nature du Juif, elle a décidé d’éliminer définitivement le péril juif pour mettre un terme au mal qu’il inflige au monde entier (4).