Le CCIF, fleuron de la nouvelle extrême droite française, par Naëm Bestandji

La banalisation de l’antisémitisme

 Ce qui m’effraye le plus, c’est la banalité du discours. Encore une fois, tous les musulmans ne sont pas antisémites, mais l’antisémitisme est très ancré dans le monde musulman. Lorsque j’entends certains d’entre eux tenir de tels propos, le naturel avec lequel ils les expriment, comme s’ils parlaient de la météo ou d’un programme télé, je suis désarmé car abasourdi, et déprimé face à l’ampleur du phénomène. Avec les accusations de racisme ou “d’islamophobie”, l’accusation de “sionisme” et “d’influence sioniste” a envahi les réseaux sociaux dès qu’une personne émet une critique envers l’islam ou l’islamisme. La victimisation par tous les moyens…

Ainsi, Marine Le Pen et Marwan Muhammad ont chacun cité une part de vérité, mais en la déformant et en occultant le reste de l’histoire qui leur est défavorable. Alors quand Marwan Muhammad compare la situation des musulmans français d’aujourd’hui à la situation des Juifs dans l’Allemagne des années 30, à la lumière de l’histoire antisémite de son idéologie et au-delà du fait que les deux périodes ne sont pas comparables, on pourrait trouver cela très cocasse si ce n’était pas si grave.

Pour ce qui est du Front National, son antisémitisme historique est une des épines dans le pied qui gêne l’accès aux dernières marches de l’Élysée. Alors il marginalise ses membres les plus virulents, tente de faire oublier son passé et ses pères fondateurs, et change de cible. Une dédiabolisation pas toujours aisée. Marion Maréchal Le Pen, par ses piqures de rappel aux fondamentaux du FN, est là pour le lui rappeler. Les ennemis désignés ne sont plus les Juifs (en tout cas, ils ne sont plus la priorité) mais les musulmans, dont l’islamisme sert de prétexte. Et c’est là que les islamistes, dont le CCIF, interviennent. Sans eux, le FN aurait très peu de prises sur cette thématique. Car le terrorisme au nom de l’islam ne peut suffire à lui seul pour drainer un maximum de citoyens. C’est l’islamisme politique, celui qui travaille notre société depuis plus de 30 ans, qui fait la joie du FN. Le CCIF, qui en est le fleuron aujourd’hui, avec ses partenaires racistes du Parti des Indigènes de la République, est ainsi le plus grand allié et le meilleur outil qui permettrait au FN de casser le plafond de verre qui le sépare des dorures de la République. De la même façon que l’extrême droite traditionnelle est le meilleur alibi du CCIF et de ses alliés, car cela leur permet d’exister et d’assimiler toute opposition à leur extrémisme comme étant raciste et fasciste.