Le CCIF, fleuron de la nouvelle extrême droite française, par Naëm Bestandji

Depuis les années 1920 jusqu’à aujourd’hui, les islamistes n’ont pas une simple rancœur en rapport avec le conflit israélo-palestinien. C’est la création (ou plutôt la reprise de l’antisémitisme européen) d’un Juif imaginaire responsable de tous les problèmes que vivent les musulmans.

Je n’ai évoqué que quelques exemples parmi d’autres. Les Wahhabites et de nombreux prédicateurs islamistes tendance frériste maghrébins ou turcs ne sont pas en reste. Le conflit israélo-palestinien sert de catalyseur à cet antisémitisme musulman fortement teinté d’antisémitisme européen. L’obsession jusqu’à l’overdose des islamistes envers ce conflit se traduit sous de nombreuses formes en France.

Aujourd’hui, nous pouvons voir régulièrement des manifestations de sympathie de la part de musulmans envers Hitler sur les réseaux sociaux. Les propos antisémites sont devenus si banals qu’ils sont entrés dans le langage courant de nombreux musulmans, y compris en France. “Les protocoles des sages de Sion” est encore le texte antisémite le plus répandu et le plus populaire dans le monde musulman. Il y est même largement considéré comme véridique. On a aussi pu en trouver la trace il y a quelques années sur les étals du congrès annuel de l’UOIF au Bourget.

L’antisémitisme a été vivace dans de nombreux régimes et idéologies. Le christianisme, le communisme soviétique, et bien-sûr le nazisme, ont toujours trouvé pratique de rendre les Juifs responsables de tout et n’importe quoi, souvent au point de les persécuter ou d’appeler à leur destruction. Aujourd’hui, l’antisémitisme existe encore en Europe. Mais son centre de gravité s’est déplacé vers le monde arabo-musulman. Tous les musulmans ne sont pas antisémites. Mais une bonne partie des antisémites aujourd’hui dans le monde est musulmane. Cet antisémitisme ne se réfère plus à une théorie raciale ou à un projet de purification biologique, pour atteindre la pureté de la race supérieure telle que rêvée par Hitler. Ils basent leur antisémitisme sur une vision politico-religieuse du monde. Une vision manichéenne où les Juifs, pardon les “sionistes” (c’est le terme utilisé aujourd’hui), sont responsables de tous les problèmes. Leur disparition est une des étapes qui permettrait aux musulmans, peuple supérieur, d’islamiser le monde. L’antisémitisme ne se construit donc plus sur une base ethnique mais religieuse. Toutefois, la paranoïa conspirationniste (la crise financière et économique de 2008 serait un complot juif, par exemple) et la fourberie du Juif sont quelques-uns des traits encore communs avec l’antisémitisme européen. Cela permet aussi à une partie des musulmans de dédouaner de toute responsabilité individuelle leurs coreligionnaires violents. Ce qui explique également l’aggravation de l’antisémitisme musulman depuis 2001 : des attentats du 11 septembre, en passant par DAESH ou les attentats de Paris, tout cela serait orchestré par les j…sionistes.