Henry de Lesquen éjecté de Radio Courtoisie !

Les multiples outrances de cette personnalité d’extrême droite stupéfiaient jusqu’à certains amis, et mettaient la radio en danger, ont jugé ses administrateurs.

Fin de cavale pour Henry de Lesquen. On avait relaté ici les péripéties de cette personnalité d’extrême droite : président de l’emblématique Radio Courtoisie, l’antenne «libre du pays réel et de la francophonie», l’homme s’était embarqué ces dernières années dans une dérive verbale qui stupéfiait jusqu’à certains antisémites endurcis. Dénonciation de la «religion de la Shoah», appels à un «racisme positif», dissertations sur les vertus comparées des «races négroïdes et caucasoïdes»… Sur les réseaux sociaux ou sur YouTube, Lesquen multipliait les outrances, jusqu’à écoper en janvier dernier d’une amende de 16 000 euros pour «provocation à la haine et contestation de crime contre l’humanité». Sur Internet, du fait de ces saillies, il avait fait l’objet de la dévotion de quelques-uns et de la dérision de beaucoup.

Cette fuite en avant n’est peut-être pas finie, mais  Radio Courtoisie ne veut plus y être associée. Le 1er juillet, le conseil d’administration de celle-ci a mis fin aux fonctions de son président, dont le mandat s’achèvera dans quelques jours. Deux jours plus tard, l’intéressé a annoncé son départ pur et simple de la radio, où il animait également une émission. A l’antenne, Lesquen a dénoncé un «putsch manigancé par un trio d’individus envieux et incompétents», stigmatisant «l’équipe de bras cassés qui me succède» et méditant sur «la noirceur des sentiments des hommes». A Radio Courtoisie, les saillies lesquenistes ne plaisaient pas à tout le monde ; surtout, on en redoutait l’effet sur les dons des auditeurs, seule source de financement de la radio.

L’homme aura au moins reçu le soutien de l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol, dont un article du directeur Jérôme Bourbon sermonne «les tièdes, les faux amis, les timorés, les duplices». Et appelle Radio Courtoisie à garantir «l’expression de toutes les sensibilités des droites, y compris les plus radicales et les moins israélophiles». Quant à Lesquen, il promet de continuer à s’exprimer par d’autres canaux, et notamment dans un livre à paraître.

Publié le 05/07/2017 par Dominique Albertini sur Libération