Le CCIF, fleuron de la nouvelle extrême droite française, par Naëm Bestandji

On a droit également au profil du Juif type : les Juifs sont des tricheurs, des menteurs car c’est dans leur nature. En revanche, il aime bien le Hamas : Vous savez ce que c’est le Hamas ? C’est la ferveur, c’est l’entrain, la pêche en arabe, ça veut dire les deux en arabe, Hamas. Et là, Ce sont des gens qui vont jusqu’au bout. C’est soit la mort et le paradis, soit la victoire et la libération et nos droits qui reviennent.

Nous ne sommes donc pas étonnés de la conclusion de sa conférence : L’ONU qui reconnaît la création d’un État qui n’a pas lieu d’être. En s’identifiant au drame que vivent effectivement les Palestiniens (“NOS droits qui reviennent”), il y inclut l’ensemble des musulmans du monde, y compris les intégristes, dans une rhétorique victimaire : Aujourd’hui on massacre les musulmans et on les fait passer pour des intégristes, des bourreaux, alors que ce sont eux-mêmes des victimes.

Plusieurs passages de cette conférence reprennent quasiment mot pour mot des propos figurant dans les livres de Sayed Qutb cités plus haut.

Le CCIF complice

 Le CCIF, issu du même courant idéologique frériste, n’ignore pas les positions de Hassan Iquioussen, que ce soit sur les Juifs, les femmes ou les attentats. Cela ne lui pose aucun problème. Ils se retrouvent parfois dans des conférences pour dénoncer “l’islamophobie”. Hassan Iquioussen est même invité par le CCIF dans des conférences qu’il organise, telle que “Islamophobie décomplexée : quel impact sur notre société ?”, en 2013 (18). Il y apporte le “point de vue spirituel” et Marwan Muhammad le “point de vue juridique” (sic). Un “point de vue juridique” non pas pour prévenir H. Iquioussen ou toute autre personne de l’illégalité et de l’aspect choquant de tels propos. Absolument pas. Il intervient pour expliquer à quel point la France est raciste et “islamophobe” quand elle s’oppose à leur intégrisme. C’est sûr qu’avec de tels personnages, cela va beaucoup aider les musulmans à lutter contre les discriminations et la peur de l’islam ! Mais le but n’est pas là. Si cela était pour lutter contre les actes et propos antimusulmans, ils ne s’y prendraient évidemment pas comme ça. Le but serait plutôt : “islamisme décomplexé : comment le valider comme étant le véritable islam grâce à l’arme de “l’islamophobie””.

Les musulmans sunnites ne sont pas les seuls sur le marché de l’antisémitisme. Dès la révolution iranienne en 1979, le régime chiite des mollahs fit de la haine des Juifs et d’Israël un élément de sa politique intérieure et étrangère. En dehors de ses menaces militaires visant la destruction d’Israël, son point culminant fut atteint lors de la présidence de Mahmoud Ahmadinejad de 2005 à 2013. En 2006, il organisa le Concours international de caricatures sur l’Holocauste, en réponse aux caricatures de Mahomet. Ce concours annuel existe encore aujourd’hui. La même année, il invita également à Téhéran les négationnistes Robert Faurisson et Roger Garaudy pour une conférence sur la Shoah. Quand l’extrême droite traditionnelle française rencontre l’extrême droite musulmane…