Zouaves Paris: la résurgence de l’extrême droite radicale violente

Les “ZVP” commencent à faire vraiment parler d’eux pendant la dernière coupe du monde, suite à une série d’agressions racistes en marge des rassemblements de supporters français à Paris et suite à des affrontements avec les antifas. Mais c’est surtout avec les rassemblements des Gilets jaunes dans la capitale qu’ils sortent de l’anonymat, et ce dès l’acte 3 du 1er décembre marqué par des scènes de guérilla urbaine place de l’Etoile et l’attaque de l’Arc de Triomphe.

Toute l’extrême droite la plus radicale est à Paris ce jour-là défilant derrière une banderole “Le peuple aux abois/Tuons le bourgeois“, reprenant une formule de Julius Evola, référence de la Nouvelle droite et des néofascistes. Comprendre: il faut tuer le bourgeois qui est en soi et ses dérives “intellectualistes” pour y préférer le “guerrier“, seul à dominer ce qu’Evola estime être l’ordre hiérarchique traditionnel.

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Ce 1er décembre, une “mob” (mobilisation) composée de militants ultra-radicaux, d’anciens hooligans racistes du Kop of Boulogne et de Zouaves Paris se vante d’avoir fait “cavaler” les antifas. “Tout est vrai“, a confirmé à Streetpress un militant antifasciste. Les “fafs” ont ce jour-là également constellé leur parcours de tags racistes (croix celtiques, slogans nationalistes) pour certains signés “ZVP” pour “Zouaves Paris”.

Six jeunes ultranationalistes ont étés interpellés dans la foulée et jugés coupables le 10 janvier dernier de “participation à une entente en vue de commettre des violences ou des dégradations” lors de ce fameux Acte 3. A l’audience, des SMS édifiants ont été révélés (“On vient de déchirer les antifas“, “on remet ça bientôt“) ainsi que des photos de certains d’entre eux morceau de parpaing à la main, rapportent Le Monde et Vice. Parmi les accusés, quatre Zouaves Paris: Aloys Vojinovic -qui a passé Noël en prison pour cause de casier déjà chargé-, Louis David ainsi que les deux chefs de bande Marc de Cacqueray-Valmenier et Charles Ferrand.

Tag Free Aloys (Vojinovic), membre des Zouaves Paris.

Un tag de soutien à Aloys Vojinovic, alors incarcéré dans l’attente de son procès, signé “ZVP”.

La violence, l’affrontement, une vision du monde fondée sur la race et/ou la religion sont ainsi dans l’ADN des Zouaves Paris, ce qui en fait les dignes héritiers des groupuscules d’extrême droite radicale violents interdits ou disparus.

Sur les réseaux sociaux, les membres des “ZVP” se font discrets, se cachant derrière des pseudos et apparaissant systématiquement le visage masqué ou affichant des avatars en photo de profil. Identifiés par France-Soir, ces comptes sont pourtant révélateurs des idées de leurs auteurs comme de leur appartenance à la mouvance d’extrême droite radicale violente.