Zouaves Paris: la résurgence de l’extrême droite radicale violente

Comme celui du 12 janvier où, en marge de la marche aux flambeaux organisée à Paris par les nationalistes de Génération identitaire, les Zouaves Paris et des hooligans racistes du Kop of Boulogne (KOB) revendiquent leur présence, preuve que ces différents groupes ont, à tout le moins, des accointances.

Un CR de fight des Zouaves Paris et du KOB.

Le “CR” de la mobilisation des ZVP et du KOB lors de la dernière Saint-Geneviève, organisée le 12 janvier dernier à Paris par Génération identitaire.

Mais c’était surtout l’occasion pour cette alliance ZVP/KOB d’aller au contact. Dans leur compte-rendu, ils clament ainsi haut et fort avoir fait de nouveau “cavaler” les antifas: “les moins bons sprinters (ont) fini(t) au sol et dans le dur“, y détaillent-ils, avec le hashtag “TaTêteAuSolEtOnTeFinitAvecDesSauvages” (“ta tête au sol et on te finit avec des sauvages“).

Car la “fight”, l’affrontement violent, est bien perçu comme le moyen d’action militante principal par cette frange de l’extrême droite. Les Zouaves Paris mettent ainsi en scène leurs médailles obtenues lors de compétitions de sport de combat ou le butin volé aux “gauchistes” après des bagarres de rue.

Mais en attaquant un cortège de manifestants “classique”, celui du NPA, samedi, une étape à été franchie par les Zouaves Paris. “Nous avons été attaqués à deux reprises“, révèle Cathy Billard du NPA, contactée par France-Soir. La militante confirme également que ce sont bien des Zouaves Paris qui les ont visés, renforcés par d’autres “militants de l’extrême droite violente, identifiés comme étant plutôt de province” pour le second assaut. Puis de détailler: des Gilets jaunes se sont interposés la première fois, mais la seconde, vu la violence dont ils ont fait preuve, personne ne s’y est aventuré. Des manifestants sont allé chercher les policiers proches, mais ils ont refusé d’intervenir“. Bilan: une dizaine de blessés dans les rangs anticapitalistes, nous indique le NPA, qui envisage de porter plainte.

Après nous avoir attaqué et avoir dérouillé nos camarades au sol, ils sont partis en disant «la bise à Clément»” confirme également Cathy Billard. Une référence claire à Clément Méric, jeune militant antiraciste tué par des militants nationalistes lors d’une bagarre, en juin 2013.

Les Zouaves Paris après l'attaque du cortège du NPA dans une manifestation des Gilets jaunes.

Les Zouaves Paris ont revendiqué l’attaque du NPA, toujours sur les réseaux sociaux (ici la banderole volée aux militants anticapitalistes).

Ce ne sont pas cette fois d’autres adeptes du militantisme musclé qui ont été visés, mais bien des adhérents d’un parti inséré dans le jeu démocratique. Il s’agit donc d’un acte politique, revendiqué qui plus est. Preuve supplémentaire, des Zouaves Paris ont été vus ailleurs dans la manifestation de samedi tenter de faire reprendre aux Gilets jaunes -sans succès- des slogans hostiles aux syndicats et partis politiques selon Cathy Billard.