Zouaves Paris: la résurgence de l’extrême droite radicale violente

Au fil des semaines, des mois, nous y avons trouvé les mêmes éléments. Des photos de groupe de jeunes hommes cagoulés ou aux visages floutés, aux vêtements griffés de marques prisées de l’extrême droite radicale, voire des néo-nazis, comme Lonsdale et Fred Perry. Des barres de fer ou autres clubs de golf sont régulièrement exhibés sur ces photos de groupe.

Photos de groupe des Zouaves Paris, armés (à dr.).

Des photos de groupe recueillies sur des profils de membres des Zouaves Paris (les visages sont floutés d’origine), à droite des clubs de golf sont exhibés.

Sur ces comptes que nous avons identifiés avec certitude fourmillent la haine raciale et l’antisémitisme, voire la glorification du nazisme et du fascisme. Entre deux hommages au négationniste Robert Faurisson (mort en octobre dernier) ou à la place Maïdan, siège de la révolution ukrainienne, apparaissent des messages de soutien au raciste Henry de Lesquen. Le GUD est célébré, bien sûr, tout comme Jean-Marie Le Pen, le mouvement politique néofasciste Ordre Nouveau (interdit en 1972, qui donna naissance au Front national et au Parti des forces nouvelles), ou encore le Comité du 9-Mai créé par le FNJ et le GUD en 1994 suite à la mort du militant nationaliste Sébastien Deyzieu en marge d’une manifestation.

Sur de nombreuses photos, des membres des Zouaves Paris brandissent une main avec trois doigts levés (pouce, index et majeur). A ne pas confondre avec un signe de ralliement serbe, il s’agit ici d’un ersatz de salut hitlérien venu d’Italie et qui a essaimé en France et en Allemagne pour contourner l’interdiction de la gestuelle nazi.

Autant de preuve que les jeunes Zouaves Paris ne participent pas aux manifestations des Gilets jaunes ou autres bagarres juste pour l’adrénaline.

Des Zouaves Paris font le signe des Trois doigts, salut nazi caché.

Ces trois doigts levés correspondent à un ersatz de salut hitlérien.

Les membres du groupe partagent, “aiment” ou commentent aussi des publications d’acteurs plus récents de l’extrême droite radicale, par exemple des néo-fascistes italiens de Casapound ou du parti néo-nazi grec Aube dorée. Mais pas seulement: l’été dernier, des Zouaves Paris posaient avec des photos de Bachar el-Assad et des drapeaux syriens, haine d’Israël oblige.

Les liens avec les membres du Bastion social ou les hooligans de Strasbourg offender -eux-mêmes très proches- affleurent également. Tout comme ceux avec des militants et cadres de Génération identitaire qui sont “amis” avec ces comptes camouflés et y “aiment” des photos.

Les membres du groupe ont également des points de ralliement virtuels, notamment la page Facebook “Ouest Casual” très prisée de l’extrême droite radicale. Sur celle-ci, régulièrement fermée mais immédiatement rouverte à chaque fois, les provocations à destination de leur rivaux antifas sont légion. Entre deux messages de menaces et autre “trollage” de leurs ennemis sont publiés les CR (comptes-rendus) des bagarres avec la gauche radicale.