Focus sur les « repats », ces enfants d’immigrés qui partent vivre sur les terres de leurs parents

La relation avec la famille sur place, un poids pour certains

Pour certains, c’est avec les proches que c’est plus compliqué que prévu. « La mentalité malienne assez différente de la mienne : on ne se comprend pas, constate un jeune dirigeant. J’ai l’impression qu’ils me voient comme un portefeuille sur pattes, de devoir me battre pour payer le prix normal ou qu’on me rende la monnaie. La famille d’ici réclame sans cesse de l’argent, encore plus que lorsque j’étais en France. Dans mon business plan, je disais que ma famille était ma force mais c’est en fait ma faiblesse. »

Comme les repats, leurs enfants sont souvent déjà habitués à basculer d’un continent à l’autre à leur tour, presque comme s’ils voyageaient au sein d’un même pays.

Pour ceux qui souhaitent « faire bouger les lignes » et contribuer à l’essor du pays, « apporter leur pierre autrement qu’en envoyant de l’argent tous les mois au pays sans forcément s’y installer » comme beaucoup d’autres jeunes issus de la diaspora, l’Union des ambassadeurs propose aussi un réseau d’entraide pour investir au Mali malgré « la situation socio-politico-sécuritaire et sanitaire très instable ».

Un appel à projets pour aider la diaspora à investir au pays

Preuve que la démarche répond à un besoin certain, l’agence française de coopération technique internationale baptisée Expertise France lance de son côté Meet Africa, un programme d’appui pour les entrepreneurs de la diaspora africaine, financé par l’Union européenne et l’Agence française du développement. « La France abrite 50 % des diasporas africaines d’Europe. Ces diasporas regroupent des profils divers, capables de mobiliser des moyens financiers, des compétences ou encore des idées à forte valeur ajoutée pour leur pays d’origine », expose l’agence qui souhaite ainsi « répondre aussi à la demande des enfants de la diaspora, qui souhaitent contribuer au développement de leur pays d’origine, s’en rapprocher, et valoriser leur double culture à travers une activité économique ».

Avec Meet Africa, l’Union européenne et l’Agence française de développement s’engagent à hauteur de 8 millions d’euros sur trois ans pour proposer un accompagnement technique et soutenir toutes les personnes désireuses de créer une entreprise en Europe ou en Afrique, issues des diasporas marocaine, tunisienne, malienne, sénégalaise, camerounaise ou ivoirienne.