Focus sur les “repats”, ces enfants d’immigrés qui partent vivre sur les terres de leurs parents

Nés en France de parents étrangers, ils ont fait le choix de s’installer dans le pays d’origine de leur famille, avec succès. Un phénomène loin d’être isolé. Rencontres avec quelques uns de ces “repats”

article par Aurélie Foulon, publié sur le site leparisien.fr, le 15 12 2020

Ils font l’exact chemin inverse de leurs parents. Nés en France de parents originaires d’Afrique, de nombreux jeunes Franciliens décident de tout quitter pour s’installer dans le pays d’origine de leurs familles.

Ce sont les « repats » comme « “repatriés »,  un néologisme utilisé par opposition aux « expats », les expatriés.

Un phénomène difficilement quantifiable : « La migration de retour est peu étudiée, alors qu’elle concerne parfois des effectifs de population importants, souvent d’âge actif, et pas seulement des retraités », constate le Centre population et développement. Cet Institut de recherche pour le développement, à l’université de Paris, n’est pas le seul à le déplorer. « Les enfants d’origine subsaharienne en France font l’objet d’un nombre limité d’études et les données statistiques sont particulièrement rares », confirme le Centre d’information et d’études sur les migrations internationales. « Même si certains liens avec l’administration — notamment fiscale — peuvent exister et conduire à ce que l’information soit donnée, cela ne représente qu’une partie infime des informations sur les départs », indique de son côté l’Insee.

Sans être exhaustive, l’analyse des parcours des Français de l’étranger, qui font la démarche (facultative) de s’enregistrer auprès du consulat à leur arrivée dans le pays d’accueil pourrait indiquer une tendance. Mais le ministère de l’Europe et des affaires étrangères « ne dispose pas de statistiques sur ces personnes », indique une source diplomatique.

Pas de chiffres officiels sur les “repats” mais un sondage qui donne des tendances

S’il est impossible d’obtenir des chiffres officiels illustrant cet engouement, il est pourtant bien réel : près de 40 % des membres de la diaspora sont prêts à rejoindre le pays d’origine immédiatement, et même 71 % dans un délai de dix ans, selon un sondage Innogence consulting pour Intelcia réalisé auprès de 800 personnes en décembre 2019. Parmi eux, les membres de la diaspora d’Afrique subsaharienne sont plus nombreux (58 %) que ceux originaires du Maghreb (42 %). Les jeunes sont les plus enclins à vouloir s’installer ou se réinstaller en Afrique immédiatement : 45 % des 24-27 ans. Et souvent avec succès puisque selon un autre sondage, soutenu par l’association AfricaFrance et mené par Avako Group en 2017, 93 % des repats interrogés sont satisfaits.

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