Environ 60 000 femmes excisées vivent en France

Pendant les vacances d’été, de nombreuses jeunes filles résidant en France vont faire le voyage vers le pays d’origine de leurs parents. Si l’excision y est pratiquée, le risque existe pour elles de subir cette mutilation sexuelle d’origine culturelle. C’est pourquoi une campagne nationale de prévention, lancée par l’association “Excision parlons-en”, les incite à s’informer et, au besoin, à demander de l’aide. « Soit méfiante et courageuse, peut-être pas le voyage de tes rêves, tu ne dois pas tomber dans le piège » chante l’interprète du clip d’animation au titre évocateur : « Tu pensais partir en vacances ? »

Le site Internet de l’association alerte-excision.org présente une carte du monde recensant les pays où l’excision est pratiquée. « En France, on pense que nous ne sommes pas concernées, mais il y a des femmes excisées parmi nos voisines, les camarades de nos enfants, nos collègues », expliquait Moira Sauvage, la présidente, à l’occasion du lancement de la campagne. Elle estime à environ 60 000 le nombre de femmes excisées vivant sur le territoire français.

La lutte contre l’excision a été érigée en symbole des droits humains principalement à travers la décennie de l’Organisation des Nations unies (ONU) qui fut dédiée à la femme de 1975 à 1985. Les stratégies pour combattre cette mutilation génitale féminine ont varié au fil du temps, avec des succès inégaux. Une des conditions indispensables à leur réussite est une bonne connaissance des pratiques, décrites en détail dans mon livre Entre foi, lois et droits, l’expérience de l’excision en textes et en contextes, publié en 2016 aux éditions L’Harmattan.

L’excision a fait son entrée dans la classification des « mutilations génitales féminines » (MGF) dès les années 1990 par le truchement d’organismes comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique (FIGO). Ces organisations ont en effet procédé à l’époque à une « déclaration conjointe » contre ce fléau.

Image result for La campagne de l’association Excision parlons-en dans les rues de Paris, cette année.Association Excision parlons-enAblation du clitoris et des petites lèvres

Le type III, l’infibulation, consiste à rétrécir l’orifice vaginal en recouvrant la vulve par l’ablation, puis l’accolement (suture) des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris. Sont recouverts l’urètre et l’introït vaginal, ne laissant qu’une petite ouverture – jusqu’à la taille d’un grain de riz –, destinée à l’écoulement de l’urine et du flux menstruel.Les mutilations génitales sont classées en quatre types par l’OMS, dont les trois premiers sont les plus courants. Le type I, ou sunnah, relève de l’ablation partielle ou totale du clitoris et/ou du prépuce ou capuchon du clitoris (clitoridectomie). Le type II, ou excision, consiste en l’ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres (labiadectomie), avec ou sans excision des grandes lèvres.