Focus sur les « repats », ces enfants d’immigrés qui partent vivre sur les terres de leurs parents

Au point que les enfants de la diaspora, communément appelés deuxième génération, s’organisent en réseau pour atteindre leur eldorado, le rêve africain. Au Cameroun, au Sénégal ou ailleurs, des associations d’entraide naissent pour accompagner ceux qui souhaitent franchir le pas. Comme un pont entre l’Ile-de-France et le Mali, l’Union des ambassadeurs, qui organise ses rencontres annuelles du 15 au 18 décembre, est un « réseau d’entrepreneurs et professionnels franco-maliens ayant fait le choix de venir s’installer et vivre au Mali et qui s’unissent pour faciliter au mieux cette nouvelle aventure », résume Diadié Soumaré, président de l’association regroupant une cinquantaine de membres, dont une trentaine au Mali.

«On pense souvent à tort que ceux qui partent ne sont pas bien ancrés, mais c’est plutôt le contraire»

« En région parisienne, il y a un vivier de compétences qui peuvent apparaître banales en France mais qui sont recherchées en Afrique, précise-il. On pense souvent à tort que ceux qui partent ne sont pas bien ancrés mais c’est plutôt le contraire : ils ont une bonne place et peuvent en gagner une très bonne. » La preuve, les repats interrogés pour AfricaFrance « connaissent une évolution salariale de 45 % en moyenne une fois qu’ils ont trouvé un emploi ».

Diadié Soumaré, 35 ans, a quitté Villiers-le-Bel où il a grandi pour s’installer dans le pays d’origine de ses parents il y a dix ans. Il est là-bas le premier distributeur agréé Apple. DR
Diadié Soumaré, 35 ans, a quitté Villiers-le-Bel où il a grandi pour s’installer dans le pays d’origine de ses parents il y a dix ans. Il est là-bas le premier distributeur agréé Apple. DR  

Diadié a fait le grand saut il y a dix ans, à 25 ans. Mais avant cela, cet enfant de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) avait déjà un pied dans chacun des deux pays. « Mon papa travaillait chez Servair, à l’aéroport de Roissy, ce qui me permettait de payer les billets d’avion seulement 10 % de leur prix, se souvient-il. J‘allais donc au Mali plutôt régulièrement. » Jusqu’à ce qu’il tombe sur le bon filon, un peu par hasard. « Lors d’un de mes séjours, j’avais un iPhone 4 que je voulais revendre et je me suis rendu compte qu’au Mali, on m’en proposait 50 % plus cher qu’en France. » Au voyage suivant, il en ramène deux ou trois exemplaires. Puis quatre ou cinq la fois d’après. « Quand je n’avais pas cours le vendredi après midi, je prenais un billet pour le week-end et je ramenais des téléphones », raconte-t-il.

Mais lorsque son père prend sa retraite, en 2011, c’en est fini des billets d’avion à des prix défiant toute concurrence… Puisqu’il faut renoncer aux multiples voyages, Diadié fait le choix d’un aller sans retour. « J’ai pu constater qu’il y avait une réelle demande, j’ai donc contacté Apple pour devenir le premier distributeur agréé à Bamako », explique-t-il comme une évidence. Une manière, aussi, de satisfaire son souci d’équité et de proposer les produits à la pomme à des tarifs semblables à ceux qu’on trouve en France.