Les jeunes se (re)mobilisent : un vent nouveau souffle sur l’engagement

La crise sanitaire, responsable de la détresse de toute une frange de la jeunesse, a – comme dans toute la société – suscité un élan de solidarité. « Les inégalités qui explosent autour de moi, ça m’a ouvert les yeux », rapporte Sarah Blondel, 20 ans. Cette étudiante en droit à Dijon a profité de son année de césure pour s’engager en service civique dans les rangs de l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV). Deux heures par semaine, elle accompagne un collégien de 12 ans. Soutien scolaire mais aussi sorties au parc ou à la bibliothèque : « Lui y gagne en confiance en soi, et moi je me sens utile. »

Elan de solidarité
Othman Hallat, 26 ans, parle lui aussi d’une « relation gagnant-gagnant ». Arrivé du Maroc, en septembre 2020, pour suivre un master de management à Metz, ce jeune diplômé d’une école d’ingénieurs à Casablanca a trouvé dans l’engagement un « bon palliatif » au confinement. « De quoi m’occuper, faire des rencontres, travailler mon français », dit-il. En journée, il propose de l’aide aux devoirs, lui aussi par l’AFEV. En soirée, il « fait la conversation » à des personnes âgées, pour l’association Au bout du fil. « Elles me parlent de leur région, leur culture, elles me font voyager un peu… Sans ça, moi aussi je serais très isolé ! »

Les acteurs des programmes de mentorat le disent : ils n’ont pas eu à organiser de grande campagne de recrutement ces derniers mois. « Le pire, pour la jeunesse confinée, c’est de se sentir impuissante, explique Tanguy Tollet, directeur général de l’AFEV. Depuis que la crise a débuté, on peut compter sur 50 % de jeunes volontaires en plus. »

« On a reçu plus de propositions de participation que jamais », rapporte aussi Julie Tartarin, directrice de Socrate, une association qui aide des lycéens à former un binôme avec un enfant qu’ils encadrent durant toute une année scolaire. Quelque 800 adolescents y font, chaque année, leurs premiers pas de bénévoles. « Avec l’envie de se sentir utiles mais aussi une conscience, de plus en plus fine, de ce que cet engagement peut leur apporter, à l’heure de Parcoursup, dans leur orientation future, observe Julie Tartarin. Ils sont lucides sur l’importance que les soft skills peuvent avoir pour l’université ou le futur employeur. »

« J’ai plus appris en m’engageant, dans la gestion d’équipe et de projets, que durant mes stages », assure Daphné Simo, 23 ans. La jeune femme, chargée d’analyse pour la ville de La Baule-Escoublac (Loire-Atlantique), a intégré les Jeunes Européens France en 2016, et en assume aujourd’hui la présidence. « La crise du Covid nous oblige à nous réinventer. On a lancé des nouveaux projets – pour les personnes âgées, pour les plus démunis –, on a créé de nouveaux liens… » Un engagement qui l’aide « simplement », conclut-elle, à « aller de l’avant ».