Philanthropie : être solidaire en temps de crise : comment donner efficacement ?

Rappelons-nous les tous débuts du confinement : très vite, la sidération a laissé place à la philanthropie et aux élans de solidarité. En parallèle de l’action publique, associations, fondations, entreprises et particuliers se sont mis en mouvement pour identifier les besoins prioritaires, mettre en place des programmes d’urgence et les financer de manière de plus en plus structurée.

article par Gaétane Lefèvre, Eléonore Delanoë,  Anne-Claire Pache et  Arthur Gautier publié sur le site tenconverasation.com, le 13 05 2020

Devant la multiplicité des appels à don et des réseaux d’entraide, en temps de crise, il peut toutefois être difficile de savoir comment s’impliquer. Car si l’envie d’aider vient spontanément, agir avec efficacité demande de la réflexion…

Dans l’ouvrage Vers une philanthropie stratégique, Peter Frumkin, Anne-Claire Pache et Arthur Gautier identifient cinq questions fondamentales autour des notions de valeur(s), cadre logique, style, véhicule et horizon temporel, auxquelles il s’agit de répondre en cohérence pour maximiser l’impact de son don.

Infographie : les cinq dimensions d’une stratégie philanthropique. //chaire-philanthropie.essec.edu

Ces cinq dimensions trouvent une résonance dans le contexte du coronavirus : vais-je donner pour faire face à l’urgence médicale ou aux effets de la crise économique à venir ? Créer ma propre initiative ou soutenir des organisations existantes ? M’engager financièrement ou faire du bénévolat ? Différentes stratégies sont possibles en fonction de sa situation : Anna, Mariam et François offrent trois exemples de réflexion stratégique inspirés de cas réels.

Anna : répondre à des besoins immédiats

Imaginons Anna, seule en télétravail dans son appartement parisien. Après un temps d’insouciance, elle a pris la mesure des événements et s’inquiète pour ses parents âgés. Elle voudrait faire sa part : comment être utile à son échelle ? Elle hésite entre trois manières de répondre à l’urgence.

Donner de son temps

Anna pourrait utiliser sa baisse d’activité professionnelle pour donner de son temps. De nombreuses personnes se portent volontaires pour aller « au front », comme les soignants retraités ou les chercheurs ou professionnels de domaines voisins. Et même sans expertise, on peut aider une association ou prêter main-forte aux agriculteurs. La réserve civique et la plate-forme Je m’engage rassemblent de nombreuses offres de bénévolat.

Bénévole participant à une initiative « Solidarité Saint Bernard » devant l’église du même nom le 6 mai 2020, à Paris. Christophe Archambault/AFP

Anna envisage de dédier le temps dont elle dispose à son voisin âgé. Elle lui propose de faire ses courses et de l’appeler régulièrement pour rompre son isolement. Cette démarche répond à des besoins fondamentaux en le protégeant d’un risque de contamination et des risques psychologiques de la solitude. En se consacrant directement à une personne de son voisinage, Anna verra l’impact concret de son action.