Baromètre de la fraternité : 77% des Français veulent s’ouvrir davantage aux autres

Selon la 3e édition du Baromètre de la fraternité, que nous dévoilons, le désir d’ouverture à des personnes de milieux différents du sien a grimpé de 7 points. L’étude témoigne d’une envie d’aider exprimée lors du confinement.

article par Christel Brigaudeau publié sur le site leparisien.fr, le 16 05 2020

Ce sont ces cyclistes angevins, qui ont « roulé » pour leur CHU, pédalant à la maison pour alimenter une cagnotte destinée à leur hôpital. Ce sont ces propriétaires qui mettent à disposition leurs résidences secondaires, afin d’offrir des vacances aux infirmières. Ce sont ces milliers de masques postés, ces saluts échangés par-dessus les haies.

Ces élans de générosité, nés lors de la crise sanitaire du Covid-19, n’ont pas seulement adouci le quotidien de ceux qui les partageaient. Ils semblent avoir aussi cassé quelques murs : 77 % des Français aimeraient agir davantage avec des personnes différentes, extérieures à leur milieu social, ethnique ou religieux. Une envie en hausse de 7 % par rapport à 2019, d’après le baromètre de la Fraternité, que nous dévoilons en exclusivité. Cette étude Ifop pour le Labo de la fraternité, un collectif de 26 associations œuvrant pour la cohésion sociale, est réalisée chaque printemps afin de prendre le pouls de la société française sur ses valeurs. Pour cette troisième édition, c’est en plein confinement, entre le 17 et le 22 avril, qu’ont été sondés les cœurs de 1017 personnes. Le résultat montre un bond spectaculaire de l’ouverture aux autres.

Ainsi, « l’envie de s’engager pour toutes celles et ceux qui en ont besoin, sans privilégier ses proches à tout prix », a augmenté de 7 points en un an. Plus de sept Français sur dix ont téléphoné à des personnes isolées, un tiers ont fait des courses pour des personnes âgées, près du quart estiment s’être rapprochés de leurs voisins.

« Les gens ont redécouvert leur capacité à aider »
Signe qu’on chérit ce qui nous manque, une autre valeur a prospéré à mesure que se réduisaient nos déplacements autorisés… la liberté ! L’attachement au premier mot de la devise républicaine a lui aussi grimpé de 7 points, pour fédérer près de huit Français sur dix.
« Les gens ont redécouvert leur capacité à aider, sans s’en remettre à une institution », relève Alexandre Jost, fondateur de la Fabrique Spinoza, un groupe de réflexion membre du Labo de la Fraternité. Déjà solidaires avec leurs proches, les Français tournent plus volontiers la tête vers de parfaits inconnus : 29 % ressentent « la responsabilité » d’apporter leur aide aux personnes en difficulté, qu’ils les connaissent ou non.