Donner aux SDF : petit guide de solidarité à usage des passants

Chaque citadin croise quotidiennement des personnes quémandant de l’argent dans l’espace public ou dans les transports. Nous ne savons pas toujours comment répondre à ces sollicitations, d’autant plus qu’elles sont nombreuses et variées. Nous préférons souvent la micro-politique de l’autruche qui consiste à simuler que nous n’avons ni vu ni entendu ces personnes que nous catégorisons spontanément comme SDF (sans domicile fixe). Ce “petit guide de solidarité” suggère quelques attitudes simples et bienveillantes

Thibaut Besozzi, auteur de ce “petit guide de solidarité” est sociologue. Article publié sur le site theconversation.com , le  24 10 2019

Ce n’est pas forcément que nous soyons insensibles et refusions toute solidarité, mais il s’avère effectivement difficile de satisfaire toutes les demandes, d’autant que les justifications personnelles, plus ou moins légitimes, ne manquent pas pour se dédouaner de toute forme d’aide : nous n’avons pas le temps, nous ne pouvons pas donner à tout le monde, nous avons nous-mêmes nos propres problèmes, nous ne donnons pas d’argent pour ne pas cautionner les consommations d’alcool ou de drogue, nous ne donnons pas aux étrangers, etc.

Et même lorsqu’il nous arrive de leur venir en aide, nous sélectionnons souvent implicitement les personnes que nous jugeons dignes de cette aide : parce qu’untel est poli, parce qu’il présente bien, parce qu’untel ne boit pas, parce que tel autre est là, dans notre quartier depuis des années, etc. Nous définissons en fait selon des critères moraux (qui sont aussi des représentations socialement partagées) les « bons » et les « mauvais » pauvres. De plus, nous ne sommes pas forcément à l’aise pour les aider : comment se comporter ? Comment parler ? Que donner ? Comment aider ?

Quelle aide apporter ?

Quoi qu’il en soit, l’aide qu’on peut apporter aux SDF prend plusieurs formes. On doit distinguer l’aide institutionnelle et l’aide spontanée, l’aide matérielle et le soutien symbolique.

Une manière de venir en aide aux SDF consiste à s’engager dans une association caritative, en tant que bénévole, pour participer à des actions collectives (maraudes, distribution de repas, distribution de vêtements, soutien administratif). En se fiant aux chiffres produits par l’organisation France Bénévolat (2016), on remarque que le secteur caritatif est le secteur dans lequel s’engagent le plus les bénévoles français puisqu’il concerne 27 % des engagements des plus de 20 millions de bénévoles comptabilisés par l’étude.

Plus spontanément, c’est au moment de la rencontre avec une personne sans-domicile dans l’espace public que peuvent s’opérer des rapports d’aide. Le plus souvent, il s’agit alors de donner un peu d’argent, d’acheter nourriture et boisson ou bien d’offrir du tabac à la personne rencontrée.