Islamophobie et racisme: les jeunes, plus tolérants?

Ils en ont long à dire sur l’attentat de Québec, l’islamophobie et le racisme. Incursion dans un atelier sur la diversité culturelle et religieuse tenu dans une école secondaire de Longueuil.

Un texte d’Akli Aït Abdallah 

Quand Audrey Hachey, recherchiste et animatrice à Ensemble pour le respect de la diversité, demande qui des chrétiens, des bouddhistes, des juifs ou des musulmans sont plus souvent que d’autres la cible de préjugés, la classe est unanime.

Pour les élèves, pas de doute, les mains levées font consensus : ce sont les musulmans qui, par les temps qui courent, remportent la palme. Nulle idée d’engager une quelconque compétition victimaire. L’atelier veut simplement faire réfléchir.

« L’idée du projet Escales est née en septembre dernier, dans le cadre du plan de lutte contre la radicalisation. Il s’agit de sensibiliser à la question de la diversité culturelle et religieuse, tout en aidant à déconstruire ce qui nourrit les manifestations du racisme, notamment l’islamophobie », explique Audrey Hachey.

Côté diversité, l’école André-Laurendeau ne pourrait pas faire mieux. Plus de 2000 élèves de toutes origines, chinoise, pakistanaise, libanaise, algérienne, colombienne, tunisienne, haïtienne, marocaine, portugaise, et aussi de jeunes Québécois, dits de souche, aux racines plus anciennes.

La solidarité après l’attentat de Québec

« Avec ce qui se passe dans le monde, et avec ce qui est arrivé à Québec dernièrement, cet atelier permet à nos jeunes de s’exprimer, de discuter de leurs différences, de débattre, même si la génération d’aujourd’hui est plus ouverte que leurs parents et nous-mêmes avons pu l’être », note Sylvain Caron, directeur de l’école André-Laurendeau.

Au lendemain de l’attentat contre la grande mosquée de Québec en janvier dernier, Sylvain Caron a vite réuni son équipe de direction, et demandé par interphone à toute l’école, élèves et personnel, un moment de recueillement.

“Ce qu’on a senti le plus, c’est la solidarité des jeunes non-musulmans de l’école avec leurs amis. Avant d’être d’une autre origine ou d’une autre religion, ils fréquentent la même école, ils font les mêmes activités sportives ou culturelles. C’est aussi ça qui les unit.” – Sylvain Caron

 

Quelques semaines plus tard, la solidarité reste forte.

« Moi, je suis juste désolé. C’est triste pour tous ceux qui ont perdu des proches », lâche Olivier, 14 ans, rejoint par Corine, Chanez, Hamza, Salem, et Seïf. La bande est unanime. Ce n’est pas parce qu’on est musulman qu’on est différent.

Corine, 15 ans, ne comprend toujours pas le geste six fois meurtrier d’Alexandre Bissonnette.