Génération Syrie : le making of des photos publiées par l’AFP

Nicosie (Chypre) — Chaque jour, des dizaines de clichés pris par les pigistes de l’AFP en Syrie arrivent sur le desk d’édition photo à Nicosie, siège de la direction Moyen-Orient & Afrique du Nord de l’Agence France-Presse. Parfois, c’est même plusieurs centaines. Comme le 13 mars, par exemple, où il y en a eu 350. Et c’est comme cela depuis des années.  Article publié sur le blog making of de l’AFP

Syrian children sit on a luggage bag before a mural on a wall bearing the logo of the Syrian Red Crescent at the organisation's branch in Douma in the rebel-held enclave of Eastern Ghouta on the eastern outskirts of the capital Damascus on March 13, 2018,Des enfants, assis devant un local du Croissant Rouge syrien, attendent leur évacuation de Douma, une des localités de la Ghouta orientale, tenue par les rebelles et sur le point de tomber face à l’offensive des forces du régime. Le 13 mars 2018. (AFP / Hamza Al-ajweh)

Le conflit en Syrie est entré le 15 mars dans sa huitième année. Et depuis le début, l’AFP est l’un des très rares médias internationaux à avoir constamment maintenu une couverture sur le terrain. Pour y parvenir, nous nous appuyons sur un réseau de pigistes que nous avons bâti au fil des années et qui est sans doute sans équivalent.

Tout a commencé en 2013, lorsqu’il est devenu clair que les journalistes étrangers étaient devenus des cibles prioritaires pour les jihadistes et diverses bandes dans les zones contrôlées par les rebelles. Avec l’accroissement du nombre des enlèvements dans ces zones, continuer à envoyer des reporters pour qu’ils deviennent des otages (ou pire) n’était pas une option réaliste.

Members of the Syrian government forces drive a motorbike in the village of al-Hajib, near Jabal al-Hass, in the southern part of Aleppo province as they advance with the aim of capturing the Abu Duhur military airport in the ongoing offensive against oppDes membres des forces syriennes, près de Jabal al-Hass, sud de la province d’Alep, dans une offensive pour capturer un aéroport militaire tenu par les rebelles. Le 14 janvier 2018. (AFP / George Ourfalian)
Syrian pro-governement forces drive a tank on the outskirts of Palmyra on March 25, 2016, during a military operation to retake the ancient city from the jihadist Islamic State (IS) group.Pendant l’offensive des forces pro-gouvernementales pour reprendre Palmyre au groupe de l’Etat islamique, 25 mars 2016. (AFP / Stringer)

Le risque était de ne plus avoir d’informations et d’images vérifiées en provenance de ces régions et donc de devoir couvrir un seul côté du conflit, celui du régime, puisque l’AFP a depuis des années un bureau à Damas. Nous avons donc pris la décision d’entrer en contact avec des « citizen journalists », de jeunes Syriens désireux de témoigner sur ce qu’il se passait dans leur pays et qui, pour cela, publiaient leurs photos sur les réseaux sociaux.

L’élément déterminant a été un atelier photo organisé en juin 2013 en Turquie pour une quinzaine de ces « citizen journalists » venus d’Alep, Deir Ezzor, Idleb ou encore Raqqa, avec la participation d’un photographe de l’AFP.

Aucun de ces jeunes Syriens n’avait la moindre connaissance de la photographie, et à plus forte raison du photojournalisme, mais c’est de là que tout est parti.