« Karam ya Karam, ça va ? Quoi de neuf ?  (making of 2)

le blog making of de l’AFP raconte régulièrement les coulisses des reportages des journalistes de l’agence. C’est une ressource d’informations exceptionnelle qui permet de compléter à l’échelle humaine l’information classique telle qu’elle est répercutée habituellement dans les médias..Après le récit à la première personne, celui de la collaboration avec l’AFP..Par Rana MOUSSAOUI

 A young boy walks past a makeshift barricade made of wreckages of buses to obstruct the view of regime snipers and to keep people safe, on March 14, 2015 in the rebel-held side of the northern Syrian city of Aleppo. Syria's conflict enters its fifth year Une barricade constituée d’épaves d’autobus protège les passants contre les snipers du régime, en mars 2015 dans un quartier rebelle d’Alep (AFP / Karam Al-Masri)

BEYROUTH – A entendre quotidiennement la voix de Karam, personne ne peut vraiment croire que ce jeune homme,toujours d’humeur égale, a vécu autant d’horreurs en cinq ans. Sa voix est posée, il ne panique jamais, même lorsque son immeuble est cerné par le feu des bombardements. La guerre lui a tout pris, sauf sa passion d’informer… et son sens de l’humour.

Il a commencé en 2013 à prendre des photos pour l’AFP, puis le service vidéo s’est intéressé à lui. « Nous devions trouver un nouveau pigiste à Alep », se souvient Quentin Leboucher, le coordinateur de l’AFP TV pour la région. « Karam avait contribué au service photo et nous a contactés. Il nous a proposé un premier sujet, sur les bains d’Alep. J’ai tout de suite été frappé par la précision de son travail. Lorsque nous recrutons des pigistes, nous leur envoyons un manuel pour leur expliquer le format de l’AFP TV. Karam avait suivi toutes les indications à la lettre. Ses images ne nécessitaient même pas d’être éditées ».

« Nous avons donc poussé le vice », poursuit Quentin : « Karam nous a proposé un sujet sur un vieil homme, qui avait choisi de rester à Alep malgré la guerre, pour prendre soin de ses voitures de collection. Tout y était. Il nous a donné tout ce dont nous avions besoin pour  raconter son histoire. Les images étaient poignantes. Je garde en mémoire une séquence de ce vieil homme qui écoute un disque sur un gramophone:

Nous avons tout de suite pris conscience de la qualité de son travail et de son potentiel. Il est devenu notre premier contributeur à Alep ».

Deux autres photographes travaillant pour l’AFP, Thaer Mohammed et Ameer Al-Halbi, se trouvent dans la même situation que Karam.

Depuis 2012, le bureau de Beyrouth assure la couverture du conflit en Syrie. Et depuis février 2016, il « vit » au quotidien avec Karam. Il a commencé par nous fournir de brèves informations. Puis, impressionnés par sa rapidité, sa rigueur et sa précision, nous lui avons demandé des reportages.