À la recherche d’une France terre d’accueil (2/2)

Au lendemain du démantèlement de la jungle de Calais, la France compte plus de 250 centres d’accueil de migrants répartis sur le territoire national. En Saône-et-Loire, les habitants de Taizé ont accueilli une vingtaine de réfugiés.

NOUVEAUX DÉPARTS

La commune ne s’est pas contentée d’accueillir des jeunes de la jungle de Calais. Trois familles ont également trouvé refuge dans le village : une famille syrienne musulmane, une famille irakienne catholique et une famille irako-égyptienne orthodoxe.

La famille Al Mansour est la dernière arrivée. Le couple et leurs quatre enfants vivaient dans la banlieue de Homs lorsque la guerre civile a éclaté.

Le père, artiste calligraphe, est blessé lorsqu’une bombe détruit leur maison. Il passe plus d’un an ballotté d’hôpital en hôpital. Les Al Mansour atterrissent dans un camp de réfugiés au Liban, où ils restent quatre ans. Arrivés en France grâce à l’intervention de la communauté de Taizé, ils habitent dans le village bourguignon depuis maintenant douze mois.

La cohabitation avec les frères de Taizé ne dérange pas la famille qui est habituée au dialogue inter-religieux. « En Syrie, chrétiens et musulmans cohabitaient pacifiquement. Cela n’a rien de nouveau pour nous », précise Abdul Sattar.

Après avoir travaillé plusieurs mois dans les vignes, le père de famille, qui apprend le français tous les jours avec sa femme, cherche maintenant à trouver un emploi plus stable.

Les enfants, eux, étaient sur les bancs de l’école du village trois jours après leur arrivée en France. « Lorsque des avions passaient un peu bas, ils avaient peur. Je pense que ça leur rappelait des événements douloureux de leur vie », raconter Céline Racine, l’institutrice du village. Mais leurs progrès sont rapides : en quelques mois, Omeir, 9 ans, et Soundous, 8 ans, s’expriment dans un français presque courant.

UNE DEMANDE D’ASILE COMPLEXE

Afin d’éviter des réactions de rejet, le maire a informé les habitants du village de l’arrivée imminente des réfugiés. « Au départ, certains avaient un peu peur, il faut le dire : c’était une situation inconnue. Mais cette peur a été dépassée par le contact quotidien avec les migrants », se souvient frère David.

Un système de parrainage voit même le jour : des familles référentes assistent les réfugiés dans leurs démarches administratives auprès de l’OFPRA (l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides), de la préfecture et de Pôle Emploi. L’objectif est que les jeunes aient un parrain vers qui se tourner en cas de besoin.

L’aide des villageois a été la bienvenue au vu de la complexité de la procédure et des nombreux documents en français à remplir pour chaque demande d’asile. Frère David rappelle d’ailleurs que « les délais de réponses aux demandes d’asiles sont très divers. Certains jeunes attendent parfois un an ou plus. Certains vivent de véritables dépressions. »