Face au discours de Macron à Ouagadougou, l’Afrique attend de voir

Selon l’éditorialiste du site « dépositaire de l’information », « l’honnêteté oblige à reconnaître qu’Emmanuel Macron a réussi le pari du discours de Ouagadougou. Comme ayant cerné son auditoire, il a su lui servir le message qu’il avait besoin d’entendre ». Et de qualifier de « courageuse » la décision de déclassifier les archives sur l’assassinat de Thomas Sankara. « Par ailleurs, même s’il est apparu plus nuancé qu’il ne l’avait été au sujet de la colonisation de l’Algérie, Emmanuel Macron continue toutefois d’aborder ce passé trouble des relations euro-africaines de manière plutôt décomplexée. C’est également louable de sa part de n’avoir pas cherché à éluder la question sensible du franc CFA. Tout au contraire, il laisse ouvertes toutes les options », ajoute Boubacar Sanso Barry.

À présent, les actes !

Reste au président français à passer aux actes. Et, sur point, la presse ouest-africaine est unanime. « Après le parler-vrai, Macron doit passer à l’agir-vite », titre Wakat Sera. « Le scepticisme est grand quand on sait que les prédécesseurs de Macron se sont tous illustrés par des discours du genre, mais qui, au finish, n’ont rien changé dans les relations entre la France et l’Afrique », explique Le Pays. « Pour demeurer fidèle à la logique selon laquelle il s’est davantage adressé à la jeunesse du continent africain, Emmanuel Macron, à l’image de Donald Trump, doit démontrer qu’il est réceptif à la clameur sourde qui monte des entrailles de l’Afrique contre le phénomène du pouvoir à vie. C’est seulement quand il aura honoré ces différents engagements et comblé ces attentes pressantes que le président français aura démontré qu’il est président de la rupture dans les rapports entre la France et l’Afrique », conclut quant à lui Boubacar Sanso Barry dans Le Djely. Enfin, Le Paysestime dans un autre article intitulé « Face-à-face étudiants : l’exercice a manqué de régal » que les étudiants burkinabè n’ont pas été à la hauteur. Et se montre sévère. Avec « des questions qui, quand elles ne volaient pas haut, franchement, étaient au ras des pâquerettes, et donnaient parfois l’impression que les vis-à-vis de Jupiter ne savaient ni être attentifs au contenu de son discours ni prendre des notes ». « Il faut avoir le courage et l’humilité d’en prendre conscience et de se mettre au travail », assène le quotidien ouagalais.

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