Netizen Report : Deux militantes pour la liberté de la presse arrétées en Tanzanie

Le Netizen Report de Global Voices Advox offre un aperçu des défis à relever, des victoires obtenues et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde. Ce rapport traite d’informations et d’événements relevés entre le 1er et le 15 novembre 2018.

publié  sur le site de Global Voices, le 20 11 2018

Deux militantes pour la liberté de la presse travaillant pour le Comité pour la protection des journalistes ont été arrêtées et interrogées par des policiers en civil en Tanzanie, où elles effectuaient une mission d’enquête.

Les membres du CPJ Angela Quintal et Muthoki Mumo ont été emmenées de force hors de leur hôtel et détenues plusieurs heures durant dans une maison privée par des officiers de police en civil. Ces derniers ont par ailleurs saisi leurs appareils électroniques pour en fouiller le contenu.

Racontant par écrit [tous les liens sont en anglais ou en français] leur expérience pour le quotidien en ligne sud-africain The Daily Maverick, Angela Quintal a décrit la façon dont elle et Muthoki Mumo, qui est kényane, ont été traitées par les policiers.

Nous étions seules, à la merci d’une bande d’hommes, dont certains étaient très agressifs et hostiles … Un membre des services de renseignements a été particulièrement violent à l’égard de Muthoki. Il l’a même giflée et bousculée. J’ai essayé d’intervenir et on m’a dit de reculer. J’étais terrifiée à l’idée que Muthoki soit agressée sexuellement et que je ne puisse rien faire pour les empêcher.

Angela Quintal et Muthoki Mumo étaient venues en Tanzanie pour rencontrer des journalistes et des défenseurs de la liberté de la presse, suite à la montée de la répression envers les personnes travaillant dans les médias ces dernières années, et donc sous l’administration du président John Magufuli.

Parallèlement aux menaces extralégales perpétrées à l’encontre des journalistes et des blogueurs, des mesures telles que la Loi sur la cybercriminalité de 2016 et le système de licence appelé « l’impôt sur les blogs », mis en place en 2018, ont accru les possibilités pour les autorités de s’en prendre à la liberté d’expression et de faire taire les voix critiques. La Loi sur la cybercriminalité a été utilisée pour arrêter plusieurs personnes ayant exprimé leurs opinions politiques de façon non violente sur Facebook et dans des groupes WhatsApp. Les autorités y ont également eu recours pour engager des poursuites contre Maxence Melo, célèbre fondateur et directeur du site Internet communautaire JamiiForums, surnommé le « Reddit tanzanien » ou le « Wikileaks en swahili ». Melo a été poursuivi pour avoir refusé de transmettre aux autorités des données relatives aux utilisateurs.

Un militant des droits humains saoudien mort sous la torture en prison

Le défenseur des droits humains Turki Bin Abdul Aziz Al-Jasser était une voix très écoutée en Arabie saoudite, où il rapportait, via un compte Twitter anonyme, les violations des droits de l’homme commises dans le royaume et était l’un des leaders de l’ALQST, l’une des rares organisations saoudienne de défense des droits humains. Mais tout cela a pris fin en mars 2018, lorsqu’il a été enlevé par les autorités qui ont réussi à remonter sa trace à partir du compte Twitter. Al-Jasser est mort cette semaine, après avoir été torturé dans une prison saoudienne.