Radicalisation et désengagement : les leçons de la « décennie noire » en Algérie

À l’inverse, avec près d’une centaine de nationalités, le vivier de recrutement de Daech a eu un caractère éminemment globalisé. Ce dernier forme une mosaïque sociologique beaucoup plus complexe et hétérogène, agrégeant des jeunes hommes et femmes, attirés certes par le projet d’une société musulmane idéale mais également par des motifs aussi divers que la quête d’adrénaline, le désir d’escapisme, d’héroïsation ou encore de réparation (inceste, viols…)

Les carburants de la radicalisation en Algérie

Une autre distinction réside dans le mode de propagation des idées djihadistes. En Algérie, la radicalisation de la jeunesse s’est principalement réalisée à l’ombre des mosquées, seules véritables espaces d’expression et de contestation en dehors des radars étatiques. C’est à l’intérieur de ces espaces que se sont cristallisés et développés des discours de rupture véhiculant l’idée d’une altérité irrémédiable entre le « eux » et le « nous ».