Philanthropie : être solidaire en temps de crise : comment donner efficacement ?

De l’individuel au collectif

Il n’y a pas en soi de bonne ou de mauvaise manière de donner en temps de crise. Comme l’écrivent Peter Frumkin, Anne-Claire Pache et Arthur Gautier, établir une stratégie philanthropique consiste à trouver l’équilibre entre dispositions personnelles et intérêt général.

Il s’agit donc de choisir un mode d’action adapté à ses moyens financiers, au temps disponible, à ses compétences et à ses propres motivations. Bien qu’en décalage avec la discrétion culturelle des Français sur le sujet, rendre son don public peut aussi s’avérer pertinent pour mobiliser ses proches autour d’initiatives solidaires, dans un secteur où la visibilité peut faire la différence.

Pour Axelle Davezac, directrice de la Fondation de France, l’essentiel reste la réactivité :

« Pour agir efficacement, il faut engager très vite les premières actions, travailler différemment et se réadapter en permanence : trouver les bons relais et repérer les acteurs les plus à même de répondre aux besoins à un instant T. »

Une stratégie évolutive, donc. Les financements structurels aux associations prennent alors une importance capitale, leur permettant de traverser la crise. C’est d’autant plus le cas pour les organisations éloignées du cœur de l’urgence qui, moins visibles dans l’espace médiatique, risquent de se faire oublier. D’abord individuelle, la philanthropie gagne à s’inscrire dans une dynamique collective pour répondre aux besoins de manière complémentaire et efficace.


Les auteurs remercient Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France (membre bienfaiteur de The Conversation France), et Jean‑François Chambon, directeur de la communication et du mécénat de l’Institut Pasteur, pour leurs éclairages sur la réaction du secteur de la philanthropie à cette crise.