Philanthropie : être solidaire en temps de crise : comment donner efficacement ?

Prévoir des commandes par téléphone

Mariam peut aussi aménager son activité pour protéger ses clients les plus vulnérables, en mettant en place des commandes par téléphone avec livraison gratuite. Un engagement direct et dans la durée qui lui permet aussi de maintenir sa clientèle. Attention toutefois aux risques sanitaires pour les livreurs : pourra-t-elle se procurer le matériel de protection nécessaire, alors même qu’il est prioritairement réservé aux soignants ?

François : agir par sa fondation

De son côté, François, à la tête d’une fondation familiale abritée en Bourgogne, spécialisée dans la préservation du patrimoine culturel, se pose des questions similaires. Il souhaite contribuer à hauteur de 20 000 euros.

Se joindre aux grands acteurs du secteur

Spécialisées ou généralistes, les grandes fondations se sont mobilisées. Pour participer à l’effort financier, François pourrait faire un don à la fondation abritante qui le guide dans le choix de ses programmes et qui a mis en place un comité spécial sur la question.

Cette dernière dispose de moyens plus conséquents et reçoit volontiers les dons issus de son réseau. En s’en remettant à son expertise, François s’assurera de la bonne utilisation de son don ; une démarche simple pour un impact maximal. En s’inscrivant dans un mouvement collectif, il renforcera aussi son sentiment d’appartenance à ce réseau de fondations abritées.

Une Fondation impliquée pour les soignants.

Agir dans son champ d’expertise

François pourrait apporter son soutien à son secteur de prédilection : la culture. Durement touché par le confinement, ce milieu doit faire preuve d’une créativité nouvelle : concerts, expositions ou opéras sont désormais diffusés en ligne. François se propose de financer la mise en place de visites virtuelles dans un musée qu’il soutient déjà. Il se place ainsi dans une position complémentaire vis-à-vis des acteurs « au front », en soutenant directement une structure dont la situation difficile est moins visible. Son impact sera d’autant plus grand qu’il a le potentiel de toucher des millions de personnes confinées. Un effort de digitalisation qui ouvrira un nouveau champ des possibles au musée…

Devenir opérateur de son propre projet

Via un ami médecin hospitalier, François a identifié un manque en chambres d’hôpital dans sa région. En parallèle, il est au courant de la fermeture d’une abbaye locale dont il a récemment financé la rénovation. Il envisage de mettre en relation les deux mondes pour transformer le lieu en hôpital d’appoint. Répondant à des besoins criants, ce chantier d’ampleur nécessitera un financement et un engagement personnel importants pour être prêt rapidement. La plus-value de François résidera dans son rôle de coordination : le succès d’un tel projet dépendra de sa capacité à mobiliser rapidement des acteurs complémentaires autour d’un objectif commun.