Le terroriste Jean-Michel Clain vivait dans un immeuble de standing à Raqqa

EXCLUSIF LA DÉPÊCHE / Quelques semaines après la chute du dernier bastion de l’EI à Baghouz en Syrie, que reste-t-il des Français partis rejoindre cette organisation terroriste ? Enquête à Raqqa sur les traces de Jean-Michel et Fabien Clain, les deux frères toulousains qui ont revendiqué les attentats de Paris le 13 novembre 2015. Les 2 frères Clain sont décédés en février dernier en Syrie. Les deux hommes sont morts à quarante-huit heures d’intervalle dans les combats entre l’Etat islamique (EI) et les forces de la coalition qui ont libéré les territoires encore aux mains des jihadistes. Convertis à l’islam dans les années 2000, les frères Clain sont les voix qui, au nom de Daech, avaient revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Fabien, 41 ans, alias «frère Omar» avait lui même prononcé le message diffusé au lendemain des attaques perpétrées dans la capitale, tandis que son frère cadet, Jean-Michel, 38 ans, avait été reconnu dans des chants religieux de l’enregistrement. 

reportage à Raqqa de Céline Martelet et Edith Bouvier publié sur le site de ladepeche.fr, le 14 05 2019

                                                                                       Jean-Michel et Fabien Clain

 

Avant d’atteindre la ville de Raqqa, il faut franchir de multiples check points, qui sont autant d’occasions de constater le degré de tension qui habite encore les militaires. Car si l’ancienne capitale de l’EI a été reprise par les forces syro-kurdes en octobre 2017, l’insécurité y règne encore. Des attentats viennent régulièrement rappeler que les cellules dormantes de l’EI n’ont pas toutes été démantelées dans la région. Raqqa, elle, est détruite à plus de 70 %.

Près de 1 000 Français, femmes, hommes et enfants auraient vécu dans la ville entre 2014 et 2016.

Tous se sont installés dans un quartier du centre-ville, rebaptisé «Katanah».

L’endroit n’est pas choisi au hasard. Il est proche d’une rue commerçante et se situe à une centaine de mètres à peine de la place Naïm, là où, chaque vendredi, l’Etat Islamique appliquait les châtiments prononcés par ses juges : mutilations, exécutions, décapitations. Les Syriens de Raqqa avaient surnommé cette place «le rond-point de l’enfer». Depuis le sang a été lavé, les piques qui accueillaient les têtes des condamnés enlevées. À la place, une jolie fontaine et des bancs. Plusieurs restaurants et pâtisseries ont même ouvert autour de ce qui est aujourd’hui «la place de la liberté».