Engagement associatif : « j’ai plus appris que sur les bancs de la fac »

Du coup, ma deuxième année de licence, ça a été sport. Je jonglais entre les cours à la fac et la préparation des examens, le bénévolat à D’ici et d’Ailleurs et la co-animation de l’émission de radio. J’ai mis toute mon énergie dans les bénévolats que je faisais et surtout dans le podcast. Il fallait trouver le sujet qu’on allait traiter, chercher les informations, écrire la chronique de A à Z, enregistrer en plateau… C’était un sacré boulot, et ça me tenait beaucoup à cœur. C’était pas toujours évident de tout concilier, mais j’avais enfin la sensation que ce que je faisais servait à quelque chose : on transmettait des savoirs. J’avais des ami.e.s qui écoutaient de temps en temps notre émission et qui apprenaient des choses sur le clitoris, les féminicides, les violences faites aux femmes transgenres, etc. Et ça me motivait. Il ne s’agissait plus seulement d’améliorer la santé mentale des individus, mais bien de participer à l’amélioration de la société dans son ensemble. Quitte à vouloir se rendre utile, autant voir grand dès le départ, non ?

Malgré le fait que mon engagement associatif soit considéré comme louable par mes proches (faisant de moi « quelqu’un de bien » à leurs yeux j’imagine), je n’ai jamais senti qu’ils les prenaient réellement au sérieux. Pour moi, ce qui était futile, c’était les études. J’ai quand même glané quelques savoirs bien utiles, et j’ai pu vivre un an au Québec, comme je rêvais de le faire, mais j’ai eu l’impression de trimer sans savoir pourquoi je le faisais. J’ai désappris la majeure partie des connaissances que j’ai englouties et même avec une licence de psychologie en poche, je ne suis pas en mesure d’offrir un quelconque soutien psychologique. Pour moi, ce qui a de la valeur en revanche, c’est toute l’énergie que j’ai mise pour défendre des valeurs que je chéris. Et c’est un travail qui mériterait d’être davantage reconnu.

Léa, 20 ans, volontaire en service civique, Paris