Les dates clés de l’abolition de l’esclavage

Pour Marcel Dorigny, historien, maître de conférences à l’université de Paris VIII et spécialiste du XVIIIe siècle et de l’esclavage « une indemnisation sous forme financière paraît totalement exclue ». Selon le Sénégalais Tidiane N’Diaye (qui a longtemps vécu aux Antilles), anthropologue et économiste, spécialiste des civilisations africaines et de leurs diasporas, « si réparations il doit y avoir, cela devrait concerner avant tout les descendants de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes, dont la vie a basculé sans retour dans l’horreur ». Jean-François Niort (Guadeloupe), historien du droit et des institutions, maître de conférences à la Faculté des sciences juridiques et économiques de la Guadeloupe, considère quant à lui que « la République doit s’engager massivement pour combler les retards structurels, économiques, sociaux et culturels hérités de la période non seulement esclavagiste mais coloniale ». Enfin, l’historienne et politologue Françoise Vergès (La Réunion), ancienne présidente du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavageexplique qu’elle ne voit « aucune raison qui puisse s’opposer à envisager des réparations ». Retrouvez leurs contributions au débat par ici.

Scène de punition d’un esclave © DR

 

#Archives : avril 1830, dernier naufrage d’un navire de traite illicite en Martinique

Dans la nuit du 8 au 9 avril 1830, un navire négrier s’échoue et coule dans la baie de l’Anse Caffard au Diamant. C’est le dernier naufrage de la traite négrière de l’histoire de la Martinique. D’après les recherches effectuées par les frères Petitjean-Roget, le bateau est arrivé dans la baie dans l’après-midi du 8 avril 1830. Le voyage a duré plus de quatre mois. Il reste 260 esclaves enchaînés dans les cales, soixante-dix sont morts pendant la traversée. La mer est mauvaise, la houle est forte. Vers 23 heures, les témoins entendent un craquement, le navire se fracasse contre les rochers. Le bateau est entièrement détruit. Dizac, directeur d’exploitation, et des esclaves de l’habitation Latournelle accourent sur la plage mais ne peuvent sauver que 86 Africains : 26 hommes et 60 femmes.

Le lendemain, la mer rejette 46 cadavres. Le nom et la provenance du bateau ne seront jamais connus. Sept marins blancs auront une sépulture au cimetière. Les Africains seront enterrés, sans distinction, non loin du rivage. C’est sur ce lieu que se dresse aujourd’hui le Mémorial Cap 110 (voir le reportage ci-dessous). Lire la suite de cet article d’Odile Paul

#Commémorations de l’abolition de l’esclavage : où et quand ?

Dans l’Hexagone, c’est le 10 mai que l’on commémore officiellement l’abolition de l’esclavage. Une journée nationale instituée en 2006. La date correspond à l’adoption par le Parlement de la loi Taubira qui reconnaît l’esclavage et la traite négrière comme un crime contre l’humanité. Mais dans les Outre-mer, les dates de commémoration sont différentes. Au total, une dizaine de dates coexistent. Notre journaliste Célia Cléry vous explique tout dans la vidéo ci-dessous, en deux minutes chrono ! A lire également ici.

Les différentes dates de commémoration de l’esclavage