Le mouvement anti-esclavagiste à Lyon aux XVIII et XIX ème siècles

“Lyon n’étant pas une ville maritime, elle fut heureusement préservée, aux temps du « commerce triangulaire », de la tentation de s’enrichir grâce à la traite des esclaves noirs, ce qui ne fut pas le cas – chacun le sait – de villes comme Bordeaux et Nantes. En revanche, aux XVIII ème et XIX ème siècles, les habitants de la deuxième ville de France de ce temps ( la seule agglomération, après Paris, à compter plus de 100 000 habitants ) ne sont pas restés indifférents aux débats concernant l’abolition – ou non – de l’esclavage des Noirs dans les colonies françaises qui animèrent la vie intellectuelle et politique de la France.”

article du père Christain Delorme publié sur le site dailleursetdici.news, 05 2019  (L’article complet est à télécharger ici)

Longtemps surnommé “le curé des Minguettes”, le père Christian Delorme est prêtre dans la région lyonnaise. Il a co-initié la Marche pour l’égalité en 1983. Très engagé dans le dialogue inter-religieux ou pour les droits des Tibétains, il a écrit plusieurs ouvrages, notamment sur Martin Luther King et Gandhi, ainsi que des livres-dialogues comme Nous avons tant de choses à  nous dire avec Rachid Benzine ou Quartiers sensibles avec Azouz Begag. Il publie en 2016 L’Islam que j’aime, l’Islam qui m’inquiète chez Bayard. Il poursuit son travail de mémoire avec cet article

 

Trois personnalités presque totalement oubliées de la mémoire collective lyonnaise

“Au moment de la Révolution française, quand il fut question de la « première abolition » par la Convention et l’Assemblée nationale ( 4 février 1794 ), puis au milieu du XIX ème siècle, quand fut mise en débat une possible « deuxième abolition » ( celle, définitive, qui fut proclamée le 27 avril 1848 par la Deuxième République ), une partie du peuple de Lyon et une partie de son intelligentsia se mobilisèrent de manière favorable. C’est ainsi que, dans cette cité, se firent entendre, à la fin du XVIII ème siècle et dans la première partie du XIX ème siècle, d’une part la voix d’une des principales figures abolitionnistes françaises, celle du pasteur Benjamin-Sigismond Frossard, d’autre part celles des époux Poivre: le botaniste et philosophe Pierre, et sa femme Françoise Robin. Trois personnalités presque totalement oubliées de la mémoire collective lyonnaise, quand bien même un certain nombre d’évènements ont été heureusement programmés, en 2019, à Lyon et à Saint-Romain-au-Mont-d’Or, à l’occasion du tricentenaire ( 1719-2019 ) de la naissance de Pierre Poivre. Ce court article a la seule prétention de raviver un peu le souvenir précieux de ces moments et de ces personnages.