«Transformer la colère en débat» : l’appel à la sagesse lancé aux Gilets jaunes

Dans une tribune au Parisien – Aujourd’hui en France, des Français, anonymes, rejoints par quelques personnalités, plaident pour un retour au calme et au dialogue entre Gilets jaunes et exécutif.

appel publié sur le site du parisien.fr le 7 12 2018

« La France, face à l’Histoire, c’est d’abord le pays qui incarne la devise de la République : liberté, égalité, fraternité. Ce qui s’est passé samedi en a été la négation.

La Liberté, notamment celle de manifester son opinion, était bien celle que voulait exercer une majorité de Gilets jaunes. Mais la liberté s’arrête là où commence l’oppression pour les autres : en empêchant les commerçants de travailler, les habitants de circuler, en exerçant une contrainte sur le reste de la population, la liberté a été bafouée.

L’Egalité, c’est bien celle que revendiquait une majorité de Gilets jaunes. C’est le message politique fondamental du mouvement, l’appel lancé aux pouvoirs publics pour que les réformes entreprises le soient avec le souci de plus de justice sociale entre les citoyens et entre les territoires. L’avoir nié trop longtemps a été une erreur.

La Fraternité, c’est bien celle que voulait exprimer une majorité de Gilets jaunes et que ce mouvement aurait pu, aurait dû incarner. Mais il n’y a pas de fraternité quand on tolère, ou pire, quand on encourage la destruction de biens publics, le pillage de biens privés, l’agression physique contre les forces de l’ordre, l’offense aux symboles mêmes de la République comme la flamme du Soldat inconnu. La fraternité s’est perdue samedi dernier et il est urgent de la retrouver.

Voilà pourquoi les images de samedi ont sidéré le monde. Elles nous renvoient en miroir tout ce que nous ne sommes pas, tout ce qu’une immense majorité de nos concitoyens refuse d’être et d’incarner, non seulement vis-à-vis des autres nations mais avant tout aux yeux de nos enfants. Est-ce cela le pays dont nous sommes fiers et que nous voulons leur laisser ? Ces comportements représentent-ils les valeurs que nous souhaitons leur transmettre? Non, mille fois non.

Alors, en ce moment où chacun retient son souffle dans la perspective de ce qui pourrait arriver ce samedi, nous disons solennellement : cela doit s’arrêter et le dialogue doit prendre le relais. Le moment est venu de parler, de s’écouter, de se comprendre. Le moment est venu de retrouver le sens des mots et en même temps celui de nos responsabilités à tous et à chacun d’entre nous. Le gouvernement doit tendre la main, oui.