L’élue LREM enlevée et séquestrée par ses proches fait face à sa « camisole familiale »

Ultime liberté que sa famille lui refuse : celle de ses mouvements. Le 18 juillet, à Mandelieu-la-Napoule, Mounia qui se pense à l’abri loin des  siens, part faire une course à la Banque postale. Sur le chemin, elle est interceptée par son père Karim et ses oncles Omar et Mohammed. Ils la forcent à entrer dans leur voiture, malgré son appel au secours. Et la privent de son téléphone. Comme à une enfant qui aurait fugué. Sauf que Mounia a 29 ans.

A son retour à Saint-Pierre-des-Corps, elle est séquestrée, terrorisée. Ce n’est que le lendemain, alors qu’une bagarre oppose sa famille et celle de Slimane, que les policiers interviennent au domicile de ses parents et tombent sur Mounia. La jeune élue les supplie de l’emmener.

« Vous vouliez l’emprisonner dans votre camisole familiale pour qu’elle ne puisse plus bouger ? », demande le procureur, Bruno Albisetti, avant de renvoyer ces pratiques à d’autres siècles : « Ce n’est pas religieux, c’est médiéval. » Trois ans de prison, dont la moitié avec sursis et mise à l’épreuve, pour le père Karim, ont été requis. Pour l’oncle qui a poussé sa nièce dans sa voiture, trois ans de prison dont deux avec sursis ont été demandés par le procureur, et deux ans de prison dont un avec sursis pour l’oncle Omar (qui a conduit le véhicule). Dix à douze mois de sursis ont enfin été requis à l’encontre du frère Zakaria pour ses menaces de mort. Le jugement sera rendu le 8 novembre. Mounia, elle, a prévu de retourner siéger ce vendredi matin au Conseil départemental aux côtés de ses collègues, pour la première fois depuis des mois.

Maël Thierry