Procès cyber-harcèlement : «En quoi est-ce trollesque de menacer une femme de viol?»

La défense et les excuses bancales ou maladroites des deux cyber-harceleurs de la journaliste Nadia Daam, n’ont pas convaincu la juge qui les a tous les deux condamnés à six mois de prison avec sursis et 2.000 euros de dommages et intérêts…

  • Les deux prévenus âgés de 20 et 34 ans se sont expliqués (assez maladroitement) devant la justice concernant leur participation au cyber-harcèlement de Nadia Daam.
  • Naïveté pour l’un et humour pour l’autre, ils n’ont pas vraiment convaincu la juge.
  • La journaliste d’Europe 1 est revenue avec émotion sur son calvaire et celui de sa fille depuis 8 mois.

Le procès devait débuter à 9 heures ce mardi. En raison du retard d’un des avocats de la défense, ce n’est que deux heures plus tard que les deux prévenus dans l’affaire de cyberharcèlement de Nadia Daam s’avancent à la barre. La juge décline leur identité. Tous deux viennent de région parisienne. Le plus jeune, né en 1993, est accusé de menace de mort envers la journaliste. Sur le forum Jeuxvidéo.com, il a en effet posté, sous le pseudonyme de TintinDealer, un photomontage avec la tête de Nadia Daam sur le corps d’un otage de Daech. Le second prévenu, âgé de 34 ans, est quant à lui accusé de menace de viol. Sur le même forum et sous le pseudo Quatrecenttrois, il a écrit : « la milf brunette, je lui remplis sa petite bouche de mon foutre ».

Avant de laisser la parole aux deux accusés, la juge revient sur le raid numérique dont a été victime Nadia Daam : tentatives de piratage, inscriptions sur un site pédophile, insultes, menaces, photomontages, photos de sa fille diffusées, coups de pied en pleine nuit dans sa porte… La présidente précise qu’évidemment, les deux jeunes hommes n’étaient pas les seuls, mais qu’ils ont « participé » à cette « escalade ».

« Je ne savais pas que beaucoup de personnes allaient le voir »

C’est TintinDealer qui répond de ses actes en premier. Sa ligne de défense : la naïveté. Il explique d’une voix à peine audible que pour lui, il s’agissait d’un photomontage « humoristique » et qu’il n’avait « pas pris en compte le fait que cela pouvait être menaçant ». « Mais vous vivez sur la même planète, non ? », rétorque la juge. Le jeune homme semble extrêmement mal à l’aise et poursuit tant bien que mal : « Je ne savais pas que beaucoup de personnes allaient le voir (…) J’ai compris lors de ma garde à vue qu’elle avait été menacée, mais je n’étais pas au courant ». Peu convaincue, la juge émet des réserves quant à la sincérité du garçon : « Mais comment vous avez eu l’idée alors ? », « c’est difficile monsieur d’isoler cette photo de tout ce qui se passait depuis cinq jours ».