L’élue LREM enlevée et séquestrée par ses proches fait face à sa « camisole familiale »

Il avait autre chose en tête, comme marier sa fille à un cousin en Algérie. Quand il découvre qu’elle a épousé religieusement Slimane, il ne l’accepte pas, parle d' »endoctrinement ». A-t-il réellement craint qu’elle soit sous emprise religieuse, en voie de radicalisation ? Mounia était devenue plus sombre, ne se maquillait plus, d’après sa famille… « Je ne pouvais pas être joyeuse », leur répond-elle sans jamais les regarder, toujours en sanglotant. Jamais, dit-elle, elle n’a été victime de Slimane. De sa famille, si.

« Une balle dans la tête »

Un temps, elle a tenté d’arranger les choses. En avril dernier, elle suit son père en Algérie… Où un oncle lui fait la morale et lui demande sa main pour son fils. De là-bas, elle appelle au secours dans un mail le président du Conseil départemental d’Indre-et-Loire, l’homme qui l’avait choisie comme binôme : quel plus beau symbole en effet que cette jeune militante combative, issue de la diversité ? Dix jours après son retour en France, elle dépose plainte contre son père et des oncles.

« A chaque dispute, mon père me menaçait de mort, explique-elle alors aux policiers. Il a évoqué devant moi le crime d’honneur. »Le lendemain, elle part avec son amoureux dans le Sud, à Mandelieu-la-Napoule près de Cannes. A sa famille, elle a fait parvenir un message alarmiste pour justifier sa fuite, expliquant que sa santé l’oblige à s’éloigner.

Très vite, elle reçoit une pluie d’insultes et de menaces. Dont ce message glaçant de son jeune frère Zakaria, qui comparaissait à l’audience :

« Remets un pied ici et je te mets une balle dans la tête. Pas de pute chez nous. »Des menaces sous le coup de la colère, a-t-il justifié jeudi, avant de confirmer sans ciller qu’il ne voulait plus jamais entendre parler de sa sœur.

« C’est médiéval »

Aux yeux de sa famille, Mounia n’était pas plus libre de disposer librement de son argent. Elle était élue, a travaillé des années comme agent au CHU. Mais son père avait une procuration, s’était fait virer 41.000 euros de son compte sur le sien. Pour quelle raison ? Pour acheter un appartement en Algérie ou encore payer les impôts de… sa fille, explique-t-il. La présidente s’agace :

« Votre fille est majeure, elle travaille, elle a des revenus. Qu’est-ce qui vous donne le droit de regarder ses comptes ? Elle est élue, votre fille, c’est une femme qui a montré qu’elle était capable de mener sa vie sur le plan politique et elle ne serait pas capable de payer ses impôts ? »Quand l’avocat de Mounia, Me Abed Bendjador fils, interroge Karim pour savoir s’il serait prêt à rendre l’argent à sa fille, la réponse fuse, sèche : niet. « Il est caché », dit-il.