Au nord de la Tunisie, une école de breakdance permet de rêver à un avenir meilleur

Son destin a marqué le clan, au point d’inspirer un slam à Khoissay, le poète du crew : « Je danserai malgré les terroristes »« Cette montagne, elle est à nous, elle est trop belle pour Photoshop, la guerre ne nous fera pas partir ! » Lors du spectacle de fin de stage, il animera le public au son des tambours traditionnels. « Les jeunes ont conscience d’où ils viennent, commente, ému, le directeur. L’ouverture et le métissage ne menacent pas notre identité, elles l’enrichissent. » Finalement, les démonstrations de break se mêleront aux chants et aux danses de Mbarka, la doyenne de Semmama, 88 ans.

Wissem n’a que douze ans, il peut rêver de participer aux Jeux Olympiques de Paris en 2024. Mais il faudrait pour cela que la Tunisie crée une fédération de breakdance. ( – ) Nicolas Fauqué L’Équipe

Tous rêvent de tenter leur chance ailleurs, et des JO ; certains ont le niveau pour tenter les qualifications. Encore faudra-t-il que le gouvernement permette la création d’une fédération pour y participer. Le sport souffre d’un cruel défaut de financements en Tunisie. La breakdance y est pourtant populaire en bien des régions ; avec ses workshops, South Eagle est un artisan de sa discipline. Quant à Marvel, originel du Djebel Lahmar, la « montagne rouge », anciens bidonvilles du quartier El Omrane en bordure de Tunis, il travaille sur des chorégraphies internationales. Entre les deux professeurs et leurs élèves, la rencontre aura été intense, la séparation difficile. Mais ce stage n’était que le premier d’une série ; ils reviendront. Amine conclut : « Ils ont du talent, ils en veulent, mais ils devront sortir de leur zone de confort. On veut les mener loin… »