Savanturières : au 21ème siècle, déconstruire les préjugés et interroger le genre

Françoise Cesbron, rédactrice, analyse l’exposition  Savanturières dans son blog Humanit’elles, le portail de ressources documentaires sur les femmes et l’identité de genre.  Les textes de l’article ont essentiellement pour sources l’exposition qui s’est tenue au Jardin des Plantes d’octobre 2025 à avril 2026 et le livre Savanturières. Une histoire naturelle au féminin publié en 2025 par le Muséum national d’Histoire naturelle. Les photos ©humanitelles

 

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En Dordogne, Marylène Patou-Mathis visite des grottes préhistoriques où elle assiste à un chantier de fouilles, une révélation ! Elle étudie d’abord la géologie puis la paléontologie et s’intéresse aux dinosaures et aux premiers mammifères. C’est en préparant son DEA en 1981, puis sa thèse soutenue en 1984 qu’elle « rencontre l’homme de Néandertal ». Elle entre au CNRS en 1989. Elle est Directrice de recherche émérite au CNRS dans l’Unité Mixte de Recherche « Histoire naturelle des humanités préhistoriques ».

Réhabiliter Néandertal et redonner aux femmes une place dans l’histoire des sociétés préhistoriques, tels sont deux des grands desseins de Marylène Patou-Mathis, qui ont fait d’elle une préhistorienne iconoclaste. Lorsqu’elle débute son travail de recherche, les Néandertaliens étaient considérés comme inférieurs à l’Homo sapiens.

Elle a montré la complexité de leurs comportements techniques, sociaux et symboliques. « Néandertal s’est éteint non pas parce qu’il était moins résistant ou moins intelligent que Sapiens mais principalement en raison d’un problème démographique« , précise-t-elle. « Il n’y a pas de société inférieure ou supérieure, chacune apporte des réponses aux problèmes qu’elle rencontre, selon ses besoins et son environnement ».

Dans le même esprit, la préhistorienne s’est récemment attachée à déconstruire le regard sur les femmes dans les sociétés préhistoriques : un a priori issu du système patriarcal occidental qui a transposé le supposé rôle domestique des femmes modernes à la préhistoire, sans preuves archéologiques. Selon elle, « Nous savons peu de choses sur la répartition sexuée des tâches ». Marylène Patou-Mathis est une infatigable défenseuse de la diversité et de la complexité, contre la hiérarchisation et l’essentialisation !

 

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Retrouvez l’ensemble des profils des 10 chercheuses ainsi que toutes les ressources mises à disposition sur le site Humanit’elles.