» Nous ne sommes pas en guerre, nous sommes en « care » »

Pour les sciences sociales, cet enjeu qui existait avant l’épidémie de Covid-19 et qui va déterminer l’orientation de « l’après », s’organise autour d’une conflictualité centrale typique de ce moment historique. D’un côté, dans une approche hypermoderne de type Trump (nationaliste, productiviste, techniciste), cela passe par formes de solidarité exclusives et souvent hiérarchisées qui consistent à défendre – de manière illusoire en raison des interdépendances et des effets en retour inévitables – l’autonomie de certains en transférant les risques et les effets en retour sur d’autres – l’environnement, les pauvres, les étrangers.

D’un autre côté, dans une approche plus réflexive, cela passe par l’invention de formes de solidarité plus égalitaires et plus inclusives – y compris les non-humains – qui pourraient permettre d’éviter la catastrophe annoncée des conséquences de la modernité. Autrement dit : bien plus que l’état de guerre, « l’état de care » est à la fois ce qui décrit nos interdépendances actuelles et ce qui pourrait orienter nos choix et nos priorités d’intervention.


L’auteur vient de faire paraître : « Après la société. Manuel de sociologie augmentée », Lormont, éditions du Bord de l’eau, 2020.