Gilets jaunes : «Faire nation plutôt que rond-point»

En passant de revendications sociales légitimes à la question démocratique, le mouvement s’est offert aux extrêmes et en particulier à l’extrême droite ou le thème de l’antiparlementarisme – les élus, tous pourris -, la haine des élites, les appels à la sédition, le révisionnisme font partie de l’attirail idéologique. La multiplication des incidents à caractère raciste, l’affirmation virile d’un sexisme assumé, l’homophobie, l’expression banalisée de l’antisémitisme, l’adhésion aux plus folles rumeurs favorisée par un système d’information massif, passionnel, ne peut donc étonner de la part de ce mouvement désordonné et violent.

J’aimerais partager la légèreté et l’insouciance qui animent encore quelques compagnons de route devant cette révolte et qui refusent d’en percevoir les dangers. Mais je vois la déferlante de l’internationale populiste s’enraciner en Europe, et je m’inquiète de sa progression en France. Alors je pense urgent d’en appeler à la mobilisation des républicains pour faire nation plutôt que rond-point. Il ne s’agit pas de fermer les yeux sur la souffrance de nos concitoyens mais de conduire des réformes tout en justice et en fraternité. Pour reprendre la formule du philosophe Raymond Aron : Le choix en politique n’est pas entre le bien et le mal mais entre le préférable et le détestable. J’ai choisi. »  Pierre Henry, président France Fraternités