“La fin de la bataille de Mossoul ne signifie pas la fin des souffrances pour les civils”

Pour des dizaines, voire des centaines de milliers d’Irakiens contraints de fuir les combats qui ont fait rage pendant neuf mois, l’avenir immédiat demeure bien sombre.

La bataille de Mossoul est finie, ou presque. Seules quelques poches de résistance de combattants de l’organisation Etat islamique (EI) subsistent dans la vieille ville. Mais pour des dizaines, voire des centaines de milliers de civils contraints de fuir les combats qui ont fait rage pendant neuf mois, l’avenir immédiat demeure bien sombre.

Plus d’un million d’habitants de la deuxième agglomération d’Irak ont évacué la ville et les villages environnants pour se retrouver aujourd’hui dans des camps de personnes déplacées mis en place dans la région, ou plus loin encore.

Ceux qui s’aventurent à tenter de retourner chez eux ne trouvent souvent qu’immeubles en ruines et rues jonchées de carcasses de voitures calcinées. Des écoles et hôpitaux de la ville, il ne reste rien. L’alimentation en eau et en électricité est à peine assurée. Et des tireurs embusqués de Daech rôdent encore, sans parler du danger que représentent les mines.

“La fin de la bataille de Mossoul ne signifie pas la fin des souffrances pour la population civile. La situation sur le plan humanitaire est non seulement grave, elle pourrait même empirer”, résume le Conseil norvégien pour les réfugiés, une organisation norvégienne d’aide humanitaire.

Frustration

Dans le camp de réfugiés d’Al Salamiya, dans la plaine de Ninive, environ 2.000 familles vivent sous la tente. La plupart de ces rescapés de l’emprise de l’EI sont ravis d’en avoir fini avec les jihadistes qui les ont terrorisés pendant trois ans. Mais ils s’inquiètent néanmoins pour leur avenir.

Mouhamad Jasim, un ouvrier de 44 ans, est parti de Mossoul avec femme et enfants il y a six semaines. “Sous Daech, c’était très dur, pas de travail, on souffrait et ils étaient très en colère”, raconte-t-il. “On a tout abandonné, maison, voiture. j’avais peur pour mes enfants, alors on a dû partir”. Mais son sort aujourd’hui est incertain. “On n’a rien d’autre à faire qu’attendre ici. On n’a pas assez de nourriture, le peu d’argent qu’on a, ça va à l’achat de légumes et de glace”. Il dit n’avoir aucune idée quand il pourra rentrer chez lui avec sa famille.

Le camp d’Al Salamiya a ouvert en mai et est géré par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Il semble correctement organisé et rien ne semble manquer en termes de nourriture ou d’hygiène. Il y a une école et une clinique.

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