Discrimination à l’embauche : une réalité mondiale qui pèse sur nos sociétés

Plusieurs facteurs peuvent expliquer une partie des écarts entre les taux d’emploi et de chômage entre les natifs et les personnes immigrées : la différence de niveaux d’études et de qualifications.

À titre d’exemple, en moyenne, au sein de l’Union européenne, les immigrés sont sur-représentés parmi les personnes d’âge actif ayant un faible niveau d’éducation. Par ailleurs, la non-reconnaissance de certains diplômes et expériences professionnelles acquis à l’étranger, le niveau des compétences linguistiques, la faible expérience professionnelle et le non-accès à certains emplois exigeant des conditions de nationalité empêchent l’accès au marché du travail.

Mais à ces facteurs vient s’ajouter le phénomène de discrimination à l’embauche, notamment en raison de l’origine ethnique et de la religion. De plus, les différentes formes de discriminations ne se comparent pas mais s’additionnent.

Émilie plutôt que Jamila ?

Mais au-delà, d’après les résultats du de l’Eurobaromètre sur la discrimination dans l’Union européenne, près de deux citoyens européens sur trois (64 %) estiment que les discriminations fondées sur l’origine ethnique est la forme de discrimination la plus répandue en Europe, devant la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle (58 %) et celles basées sur l’identité sexuelle (56 %), la religion ou les convictions (50 %), l’handicap (50 %) et le sexe (37 %).

C’est aussi ce que rappellent les auteurs d’une étude venant de paraître en France et portant sur la discriminations à l’embauche (avec un focus sur l’ethnicité et l’identité sexuelle et non l’immigration).

D’après un article de La Tribune citant ce travail, il vaut ainsi mieux s’appeler « Émilie Boyer et habiter rue Pasteur à Palaisau que s’appeler Jamila Benchargui et habiter la grande Borne à Grigny ». Du moins dans le privé, puisque, selon les chercheurs, en France les inégalités à l’embauche seraient désormais moins fortes dans la fonction publique.

En France, pour lutter contre la discrimination à l’embauche, des programmes permettent à des demandeurs d’emploi issus de milieux défavorisés de rencontrer des recruteurs, ici à Lyon en 2009 dans le cadre du quatrième salon « Jobs et Cité ».Jean‑Philippe Ksiazek/AFP

Lors de mes recherches j’ai mis en évidence des comportements similaires, révélés principalement par la méthode du « testing », en envoyant à une véritable offre d’emploi deux couples de candidatures fictives qui ne se distinguent que la caractéristique que l’on veut tester. Ce procédé fournit une preuve solide des comportements discriminatoires. La discrimination ne se limite pas aux seuls pays du Nord.

Par ailleurs, une proportion très significative de citoyens de différents pays est en faveur de la discrimination à l’encontre des immigrés en matière d’embauche comme le révèle l’enquête mondiale sur les valeurs.