Discrimination à l’embauche : une réalité mondiale qui pèse sur nos sociétés

« Les immigrés sont les seuls responsables de leur mauvaise intégration » : un Européen sur cinq (20 %) partagerait cette opinion selon une enquête publiée en avril dernier. Cette proportion excéderait la barre des 35 % dans certains pays comme l’Autriche (36 %), la Bulgarie (37 %), la Hongrie (38 %) et la République tchèque (40 %).

article signé  et publié par le site theconversation.com, le 16 10 2018

La situation des immigrés fait ainsi l’objet d’un débat récurrent dans plusieurs pays où beaucoup estiment qu’ils sont mal intégrés. C’est en tout cas l’opinion d’une large majorité de Grecs (70 %), de Suédois (65 %) et de Français (65 %) et un peu plus que la moitié des Italiens (52 %) et des Allemands (51 %).

Certains « plus travailleurs que d’autres par nature »

D’autres opinions, révélées par la même enquête, s’avèrent particulièrement tranchées : près de quatre Européens sur dix (39 %) estiment que les immigrés prennent l’emploi des travailleurs natifs (39 %) et une large majorité estime que les immigrés accentuent le problème de criminalité dans leurs pays (55 %) et/ou qu’ils représentent une « charge » pour les finances publiques (56 %).

Notons par ailleurs que ces études citent l’immigration plus souvent que l’origine ethnique.

La corrélation entre ethnicité, productivité et intelligence, pourtant considérée de longue date comme raciste, demeure également au goût du jour. Quatre Européens sur dix (38 %) estiment – dans l’Enquête sociale européenne, que certains groupes ethniques sont par nature plus travailleurs et cette proportion se situe à 50 % ou plus au Portugal (66 %), en Estonie (54 %) et en Finlande (50 %).

Pourtant, rappelons-le, le processus d’intégration des immigrés est conditionné, dans une large mesure, par l’attitude de la société et de sa capacité inclure tous ses membres. L’intégration économique des individus constitue ainsi le premier pas vers leur intégration sociale.

Marché du travail : les immigrés désavantagés

Différents indicateurs montrent qu’en général les immigrés se trouvent dans une situation très désavantageuse sur le marché du travail. Au sein des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), par exemple, le taux d’emploi des immigrés se situe largement en dessous de celui des non-immigrés.

Selon les statistiques de l’OCDE, aux Pays-Bas le taux d’emploi des immigrés est inférieur de près 15 points de pourcentage à celui des non- immigrés. Cet écart avoisine 14 points en Suède et 9 points en Allemagne et en France. À l’inverse, le taux de chômage des travailleurs immigrés est plus de deux fois plus élevé que le taux de chômage des non-immigrés dans des pays comme l’Autriche, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède.