Italie: Une fusillade raciste choque le pays à un mois des législatives

L’éditorialiste du quotidien La Repubblica s’interrogeait dimanche sur les conséquences du « venin inoculé » en Italie par certains hommes politiques. Ce journal proche de la gauche rappelle ainsi la « défense de la race blanche » récemment prônée par un candidat de la droite à Milan, ou encore les raids perpétrés fin 2017 par des groupuscules d’extrême droite contre des associations d’aide aux migrants.

« J’ai peur, ça aurait pu être moi »

L’Italie a vu débarquer sur ses côtes quelque 630.000 migrants depuis 2014. Et si beaucoup ont depuis passé la frontière vers le nord, la présence de dizaines de milliers de ces migrants pèse dans un pays qui a toujours été plutôt une terre d’émigration que d’immigration.

« J’ai peur, ça aurait pu être moi », a confié dimanche devant l’hôpital de Macerata James Nosakhari, un Nigérian ami de l’une des victimes. « Ce n’est pas facile de vivre en ville après que quelqu’un a tiré sur six personnes de couleur ».

Et il n’est pas le seul à s’être réveillé dimanche encore sous le choc. « On n’aurait jamais cru possible une chose pareille, ce genre de choses se produit plutôt dans les grandes métropoles », jugeait ainsi Fabrizio Compagnucci, un vendeur de journaux près de la gare de Macerata, l’une des étapes du parcours de haine de Luca Traini.

Sur sa devanture, les Unes des quotidiens italiens portaient toutes sur la fusilladede Macerata. « L’expédition raciste qui empoisonne les élections », titrait ainsi La Repubblica.