Tokyo 2021 : Alia Issa, première para-athlète de l’équipe des réfugiés, veut devenir un exemple

Pour la deuxième fois dans l’histoire des Jeux paralympiques, des athlètes réfugiés vont être représentés. La lanceuse de massue d’origine syrienne Alia Issa est la première femme à en faire partie.

 article par Stéphanie Trouillard publié sur le site france24.com le 23 058 2021

A 20 ans, Alia Issa va entrer dans l’histoire des Jeux paralympiques. La jeune femme, qui va concourir dans l’épreuve de lancer de massue, va devenir à Tokyo la première para-athlète de l’équipe des réfugiés.

À la veille de la cérémonie d’ouverture, lors d’une conférence de presse, elle s’est dite “très fière” et “très heureuse” d’être l’une des deux porte-drapeaux de l’équipe des réfugiés à Tokyo, composée de six para-athlètes au total.

“Essayez tous les jours de faire du sport”

Alia Issa est née en Grèce en 2001 dans une famille de réfugiés syriens. Comme le raconte le site grec Amna, son père est arrivé dans ce pays cinq ans plus tôt, à la recherche d’une vie meilleure. À 4 ans, Alia a malheureusement contracté la variole, une infection qui a endommagé son système nerveux. Elle doit se déplacer depuis en fauteuil roulant et connaît des difficultés d’élocution.

J’avais du mal à m’adapter et je n’avais pas de compagnie, je n’avais pas d’amis, les enfants se moquaient de moi“, a-t-elle raconté à Amna. C’est il y a seulement trois ans, au collège, qu’elle a découvert la pratique sportive et le lancer de massue. La jeune fille s’est vite révélée prometteuse et a enchaîné les performances, jusqu’à décrocher la 4e place au championnat européen en juin dernier.

En parallèle, elle continue à aller au lycée et espère suivre des études de médecine, le rêve de son père, décédé d’un cancer quand elle avait 16 ans. “Mon père, s’il était vivant maintenant, serait très fier que je participe aux compétitions“, souligne Alia.

En intégrant cette équipe, elle souhaite devenir une source d’inspiration pour d’autres femmes réfugiées vivant avec un handicap. “Ne restez pas à la maison, essayez tous les jours de faire du sport, soyez dehors, dans le monde. J’espère être un premier exemple à suivre“, a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse de son équipe. Alia espère ensuite obtenir la nationalité grecque et concourir sous les couleurs de ce pays.

Un “message d’espoir” pour le peuple afghan

C’est seulement la deuxième fois que les 82 millions de réfugiés du monde entier seront représentés par une équipe aux Jeux paralympiques, après Rio 2016. “Nous sommes très reconnaissants envers les pays qui accueillent des réfugiés et nous encourageons les pays qui peuvent les soutenir à le faire. Nous espérons que nous pourrons laisser ce message fort au peuple japonais“, a souligné Ileana Rodriguez, la cheffe de mission de l’équipe.

Le Japon, troisième puissance économique mondiale, n’accepte des réfugiés qu’au compte-gouttes : 47 personnes seulement en 2020 par exemple, soit à peine plus de 1 % des demandeurs d’asile cette année-là, selon les chiffres officiels.

Ileana Rodriguez a aussi évoqué, lundi, la situation actuelle en Afghanistan, soulignant que le “message d’espoir” que veut porter l’équipe paralympique des réfugiés s’adresse aussi au peuple afghan.

Aucun athlète de ce pays ne pourra en effet participer aux compétitions à Tokyo. Depuis que les Taliban ont pris le pouvoir, les vols commerciaux à destination et en provenance d’Afghanistan sont interdits. La championne de taekwondo Zakia Khudadadi aurait dû écrire l’histoire du sport afghan. Le 24 août, elle devait devenir la première femme à représenter son pays lors des Jeux paralympiques de Tokyo.

Le drapeau national sera toutefois présent, mardi, lors de la cérémonie d’ouverture en “signe de solidarité”, a annoncé lundi le président du Comité international paralympique, Andrew Parsons.

Avec AFP