La destruction de des statues de Victor Schoelcher est justifiée par des militants mais condamnée par certaines figures martiniquaises

Quelques heures après la destruction de deux statues de Victor Schoelcher à Fort-de-France et à Schoelcher par des activistes, les réactions sont nombreuses. Si le personnage représenté ne fait pas l’unanimité, de l’avis général, ces dégradations ne semblent pas être la réaction appropriée.

article par Peggy Pinel-Fereol publiée sur le site la1ere.francetvinfo.fr, le 23 05 2020 

Activiste, militant, jeune, nul ne sait comment qualifier ces personnes qui ont fait tomber les deux statues de Victor Schoelcher le jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage, vendredi 22 mai 2020.
Dans un communiqué, puis une vidéo, tous deux publiés sur les réseaux sociaux, ces derniers disent “assumer pleinement leur acte“. “Nous en avons assez, nous jeunes Martiniquais d’être entourés de symboles qui nous insultent“, indique l’une des jeunes femmes.

loi n° 87-1157 du 31 décembre 1987 article 24 sanctionne l’apologie des crimes contre l’humanité Jay Asani @lé Kanmarad ki krazeyCatherine Conconne Didier Laguerre Serge Letchimy Emmanuel de Reynal lajénès palé ba zot.

Publiée par Alexane Yva Ozier-Lafontaine sur Vendredi 22 mai 2020

Un acte condamné

Très rapidement, femmes et hommes politiques, écrivains, historiens et anonymes condamnent cet acte, avec certaines nuances.

Didier Laguerre, le maire de Fort-de-France où était érigée l’une de ces statues, justifie la place qu’elle doit tenir. “La statue située sur la place Légitime Défense à Fort-de-France symbolisant Victor Schoelcher a été érigée à la demande des Martiniquais. Elle doit nous inciter, à l’instar d’Aimé Césaire, à ne pas céder à la tentation de réécrire l’histoire”.

Dans un communiqué du secrétaire général Johnny Hajjar, le Parti Progressiste Martiniquais, parle d’un “acte de vandalisme condamnable“. Et de poursuive, “affronter l’Histoire, toute l’Histoire, est la seule manière de construire un pays et un peuple uni et prêt à relever les défis du XXIe siècle. Il ne faut pas se tromper de combat.
S’en prendre à Victor Schœlcher est un contresens historique et politique et ne sert pas la cause de la réparation des injustices en Martinique
“.

Communiqué destruction des statues PPM

L’histoire est également l’argument mis en avant par le Président de la République sur le réseau social Twitter. “En abolissant l’esclavage il y a 172 ans, Victor Schœlcher a fait la grandeur de la France“.

 

Ainsi que par la ministre des Outre-mer Annick Girardin dans trois tweets publiés à ce sujet.
S’il est permis à tous de questionner l’histoire, cela nécessite un travail méthodique et rigoureux ; en aucun cas, cela ne doit se faire à travers la destruction des monuments qui incarnent notre mémoire collective“.

L’historien et militant Gilbert Pago invite “les jeunes activistes” à un dialogue dans une lettre intitulée “casser les statues de Schoelcher est une démarche qui méconnaît une part de l’histoire de la fin de l’esclavage“.

Lettre de Gilbert Pago statues de Schoelcher

De son côté, l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau qui a réagi sur les réseaux sociaux, juge tout cela “bien triste“.

Bien triste. 1 – L’ennemi ce n’est pas Victor Schoelcher, mais le Schoelchérisme. Face à esclavage dans nos pays,…

Publiée par Patrick Chamoiseau sur Samedi 23 mai 2020