Nanterre : les jeunes dressent la table pour les plus démunis

Devant le centre d’hébergement pour SDF de Nanterre, les jeunes bénévoles de Cité Solidaire 92, association qui fait des maraudes dans les rues chaque samedi, ont offert un repas à une centaine de personnes.

Face aux grilles et aux murs de briques du Cash, le centre d’accueil et de soins hospitaliers de Nanterre connu pour héberger chaque nuit de nombreux sans-abri, de grandes tables ont été dressées ce jeudi soir pour servir une centaine de repas aux plus démunis. Sur les nappes en Vichy rouge et blanc, les assiettes disposées par les jeunes bénévoles attendent le repas offert par French Touch, un restaurateur de Courbevoie spécialiste des burgers bio.

« C’est notre deuxième repas solidaire, organisé ici au Petit-Nanterre avec l’association Zy’Va et La Marche à suivre », explique Zacharia Khedidi. Le jeune président de l’association CitéSolidaire92 a lui même grandi dans le quartier du Petit-Nanterre et fait ses devoirs dans le local de Zy’Va, avant de venir rejoindre l’équipe puis de créer sa propre association. « On a choisi ce lieu où il y a du passage pour servir des repas aux gens du Cash, à des migrants de Nanterre, et aussi à des résidents de plusieurs foyers », détaille-t-il.

Trois minutes pour trouver 25 bénévoles.

Sur les chaises, un groupe de femmes s’est installé. « Je viens du Cash, en face », confie une femme emmitouflée dans un grand châle bleu nuit, qui demande quel sera le menu et si les vêtements du dressing solidaire sont payants. Les vêtements sont pour les bénéficiaires des repas, précise Zacharia à la vingtaine de jeunes bénévoles venus de Nanterre, mais parfois de beaucoup plus loin.

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« Ce sont les bénévoles qui font avec nous les maraudes chaque samedi soir à Nanterre et à Paris. On a commencé au début avec 20 kits alimentaires, et maintenant on en distribue 120 chaque samedi », poursuit le président de CitéSolidaire92.

« Une équipe prépare les repas dans le local de Zy’Va, puis une autre équipe distribue les repas jusqu’à 22 heures, précise-t-il. On pourrait se dire que c’est difficile de trouver des bénévoles le samedi, que les jeunes profitent du samedi soir pour sortir. Mais non, j’envoie un message chaque mercredi à 20 heures et à 20 h 03 j’ai trouvé mes 25 bénévoles pour le samedi. »

« Cela leur fait tellement plaisir qu’ils se mettent à pleurer… »

Une pile d’assiettes en carton dans les bras, Nesrine, lycéenne en terminale S à Nanterre, confie ses premières expériences de maraude dans Paris : « Les gens sont parfois méfiants, parfois agressifs, mais certains, cela leur fait tellement plaisir de nous voir qu’ils se mettent à pleurer, c’est super émouvant ».