Facebook est-il un outil efficace de sensibilisation au patrimoine mondial en Afrique ?

L’Afrique abrite des richesses naturelles et culturelles d’une valeur universelle exceptionnelle auxquelles l’Unesco consacre une journée de célébration tous les 5 mai depuis 2015. Le continent compte ainsi, en 2018, 93 biens classés sur la liste du patrimoine mondial dont 51 culturels, 37 naturels et 5 mixtes. Ces biens sont souvent peu connus des nationaux.

Cette méconnaissance du patrimoine africain explique en partie le classement en péril de bon nombre des biens africains classés par l’Unesco. En effet, plus du tiers des sites du patrimoine mondial en périlse situe en Afrique.

Menaces sur le patrimoine culturel et naturel

Nombreux sont les pays africains et leurs citoyens qui n’ont pas conscience des enjeux sociaux, économiques et culturels que représente ce patrimoine en danger.

Les menaces identifiées par l’Unesco pèsent aussi bien sur le patrimoine culturel que sur le patrimoine naturel. Certains biens figurent sur la liste en péril depuis des décennies. En témoigne la réserve naturelle intégrale du mont Nimba, située entre la Guinée et la Côte d’Ivoire, qui figure sur la Liste du patrimoine en péril depuis 1992, de même que les réserves naturelles de l’Aïr et du Ténéré au Niger, inscrites sur la Liste en péril la même année ou encore l’ensemble des parcs nationaux de la République démocratique du Congo (RDC). De même, le patrimoine culturel subit des menaces, souvent d’ordre conjoncturel, à l’instar de la crise malienne ou des guerres de Lybie. Ces dernières ont conduit au classement en péril des cinq sites libyens inscrits sur la liste du patrimoine mondial ou encore de Tombouctou, Gao et Djenné au Mali.

Ce constat amène à repenser les politiques du patrimoine, notamment en encourageant l’intégration des communautés locales dans les systèmes de gestion comme c’est le cas à travers le « World Heritage, Sustainable Development and Community Involvement » initié par l’Unesco en 2014.

L’intégration des populations constitue ainsi un des cinq objectifs stratégiques (5C) de la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial.

Connaître pour mieux protéger

L’engagement des communautés nécessite qu’elles aient connaissance des sites classés à l’échelle locale, nationale ou régionale. À l’ère du numérique, la valorisation des sites du patrimoine constitue un enjeu essentiel pour l’Unesco et les États parties invités à identifier et saisir « les opportunités offertes par le numérique afin d’accroître les capacités de création et de circulation des biens culturels et de marquer ainsi une présence renforcée de l’Afrique dans un champ culturel largement mondialisé ».

Aussi, pour favoriser l’accès rapide à l’information et mesurer le degré d’intérêt que les Africains portent à leur patrimoine et la mise en valeur de ce dernier, l’utilisation d’un réseau social comme Facebook constitue un moyen efficace dans la mesure où il s’agit du réseau social le plus utilisé en Afrique, selon un article publié par TicMag en 2015.