En situation précaire, ces jeunes du programme “veille active” apprécient de se rendre utiles

À Bagneux, Bourg-la-Reine et Fontenay-aux-Roses, 500 jeunes, décrocheurs, précaires ou en danger, font l’objet d’une veille active accrue depuis le début de la crise sanitaire. Le département tente de les inclure dans des actions de solidarité.

article par Ariane Riou publié sur le site leprarisien;fr, le 13 05 2020

Ses yeux plissés trahissent un grand sourire caché sous son masque. Installé sur le parking d’une résidence du Crous, à Fontenay-aux-Roses, Quentin, 20 ans, tend un panier-repas à un étudiant, venu chercher de quoi se sustenter. « Ça me fait du bien de me sentir utile », confie le jeune homme.

Ce mercredi après-midi, Quentin participe à la distribution alimentaire organisée dans le cadre du dispositif départemental « Veille active jeunes 11-25 ans ». « On essaie d’inclure les jeunes dans des actions de solidarité pour qu’ils se sentent valorisés, explique Philippe Da Silva, chargé de prévention du dispositif. Ils sont un peu les oubliés de cette crise. Mais dans dix ans, ce sont eux qu’on retrouvera et qui subiront les conséquences de tout ça. »
Cette « veille » a donc été créée dès les premières semaines de confinement. Dans un seul but : prévenir des situations difficiles chez les jeunes déjà repérés par des institutions comme Pôle emploi ou l’Education nationale, ou par des associations locales. Trois villes sont ciblées, dans un premier temps : Bagneux, Bourg-la-Reine et Fontenay-aux-Roses.

« On s’est inquiété dès le début, reconnaît Philippe Da Silva. On savait que le confinement pouvait entraîner des violences intrafamiliales, du décrochage scolaire, des difficultés pour se nourrir. Alors, on a anticipé. »

Cinq cents jeunes âgés de 11 à 25 ans sont rapidement identifiés. On leur passe des coups de fil réguliers pour prendre de leurs nouvelles. Une page Facebook, un compte Instagram sont créés pour leur offrir un « moyen facile » de contacter la veille.

Mais surtout, le département, via ce dispositif, veut inclure les jeunes dans des actions un peu plus concrètes, histoire de les tirer de l’ennui et de les rendre « actifs ». « On replace le jeune au cœur de ses propres décisions. C’est une façon de le rendre autonome », martèle Philippe Da Silva.

« Pour nous, le déconfinement ne change pas grand-chose »
Ce mercredi après-midi, quelques jeunes sont donc venus prêter main-forte à des étudiants du Crous, avec qui le département a noué un partenariat. « Ce panier-repas va me permettre de souffler », confie Chloé. La jeune étudiante calcule toutes ses dépenses au centime près depuis deux mois.
« Je me faisais 150 euros par mois grâce au baby-sitting avant le confinement. Mais tout s’est stoppé net, souffle l’étudiante. Mes parents sont en Espagne et ils ont eu des soucis pour m’envoyer de l’argent. Du coup, je fais beaucoup plus attention à l’argent. »