Des décrocheurs formés à l’environnement à l’École de la transition écologique

Créée en mars 2017, à l’initiative de l’association 3 PA, l’école Etre, initie de jeunes décrocheurs au monde du travail. Mais pas n’importe lequel: celui qui aspire à un monde plus durable.

article publié sur le site etudiant.figaro.fr, le 21 10 2019

L’écologie n’est pas innée. Il faut donc, aussi, l’étudier. Et puisque chaque année, en France, 150 000 jeunes abandonnent les bancs de l’école sans aucun diplôme, il y avait bien urgence à trouver un leitmotiv de réinsertion. Parallèlement, la transition écologique, qui ne cesse de se développer pour construire un monde plus durable, offre la perspective de nombreux emplois sur le marché du travail. Des postes qui ne demandent pas tous une qualification particulière et qui font sens dans nos sociétés où la question environnementale est de plus en plus au cœur de l’économie. Une caractéristique recherchée par les millennials, en quête de travail utile .

Des élèves «verts»
De ces constats est née l’École de la transition écologique Occitanie Lahage Etre. Créée par l’association 3 PA (Penser, Parler, Partager, Agir), une organisation d’éducation et de formation à l’environnement et à la transition écologique, la première école Etre (il en existe deux autres en expérimentation) s’est installée dans la petite commune de Lahage, à 45 kilomètres de Toulouse. «Si un jeune me dit qu’il a mis son réveil aujourd’hui pour se lever, c’est déjà un premier objectif atteint», raconte Frédéric Mathis, directeur de 3 PA et de l’école de Lahage. Depuis l’ouverture de cette institution pas tout à fait comme les autres, l’équipe pédagogique forme en moyenne 160 élèves «verts» par an. Les modules proposés gratuitement aux jeunes entre 15 et 25 ans (ou plus) vont de dix jours à deux ans. Durant les premiers jours, les têtes juvéniles – décrocheurs, pour la plupart, en état d’oisiveté – sont initiés à des travaux manuels, menuiserie, jardinage, et un peu de théorie. Cette dernière leur fournit les rudiments sur la problématique du développement durable et des enjeux climatiques. Frédéric Mathis, un des formateurs nous livre ses ambitions: «On essaye de créer un déclic. Lorsqu’un jeune reste avec nous six mois, on travaille avec lui sur son projet professionnel. On le remobilise et on le réinvestit dans un projet. Et le retour au travail peut passer par la transition écologique, c’est l’enjeu». La formation est aussi ponctuée d’un renforcement des bases scolaires: français, histoire…Sans toutefois étouffer les décrocheurs avec trop de théorie afin de veiller à ne pas retomber dans la phobie scolaire, dont certains jeunes souffrent.