Cinq questions sur la “charte des principes” de l’islam de France adoptée par le CFCM

Qui a validé son contenu ?
Seules cinq fédérations parmi les neuf qui composent le CFCM ont apposé leur signature sur ce texte, a appris franceinfo auprès de Mohammed Moussaoui, président de cette instance. L’une d’entre elles, la grande mosquée de Saint-Denis de la Réunion, “considère que son dispositif local d’agrément des imams est déjà efficace et souhaite le conserver”, et s’est donc retirée des discussions, précise le président du CFCM.

Trois autres fédérations n’ont pas signé le document. Il s’agit d’Invitation et mission pour la foi et la pratique, et de deux fédérations franco-turques, le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) ainsi que Millî Görüs (CIMG). “Ces trois fédérations ne présentent pas d’opposition foncière au texte puisqu’elles approuvaient le projet que nous avions rédigé le 15 décembre, qui ne diffère que très peu de celui adopté dimanche”, assure Mohammed Moussaoui. Mais ces trois fédérations “souhaitent voir figurer dans la charte quelques aménagements, et désirent également obtenir un retour de leur base.”

Le président de la République a donné à ces fédérations quinze jours pour apposer leur signature sur ce document.

Quelle sera la portée réelle de cette charte ?
Sur le papier, l’adoption de ce texte ouvre la voie à une vaste restructuration de la deuxième religion de France. Son principal enjeu est la création d’un Conseil national des imams (CNI), qui sera chargé de “labelliser” les imams exerçant en France.

Dans la foulée de son adoption, le CFCM a indiqué dimanche qu’il rechercherait “l’adhésion la plus large possible” au sein des différents acteurs du culte musulman. “Le CFCM soumettra, via ses instances, le texte de la charte ainsi que les textes fondateurs du CNI aux acteurs locaux, imams et responsables de mosquées, en vue d’une consultation et une adhésion les plus larges possibles”, indique le communiqué du CFCM.

Une véritable gageure pour l’organisation. Le CFCM, qui est composé d’un ensemble de neuf fédérations représentant des sensibilités ou pays d’origines différents, est le principal interlocuteur des pouvoirs publics sur les questions d’organisation du culte musulman en France. Mais sa représentativité est régulièrement mise en cause.

Dans quel contexte la signature de ce texte intervient-elle ?
La rédaction de ce texte réaffirmant les principes républicains avait été réclamée à la mi-novembre par Emmanuel Macron, dans la foulée de son offensive contre le “séparatisme” et l’islam radical, qui a été, depuis, formalisée dans un projet de loi. L’examen de ce texte controversé a débuté lundi à l’Assemblée nationale, en commission spéciale.