Cinq questions sur la “charte des principes” de l’islam de France adoptée par le CFCM

La charte des principes de l’islam de France qui comporte dix articles, doit servir de référence à la création d’un Conseil national des imams

article avec AFP publié sur le site francetvinfo.fr, le 18 01 2021

Nouvelle tentative de structuration de l’islam de France. La majorité des neuf fédérations qui constituent le Conseil français du culte musulman (CFCM) ont formellement approuvé dimanche soir une “charte des principes” de l’islam de France, après de longues semaines de négociations. Celle-ci doit permettre la mise en place rapide (dans les semaines qui viennent) d’un Conseil national des imams. Les responsables du CFCM ont, dans la foulée, été reçus lundi 18 janvier par le président de la République, Emmanuel Macron, qui avait réclamé ce texte dans le cadre de son offensive contre ce qu’il désigne comme “le séparatisme islamiste”. Que contient cette charte ? A quoi va-t-elle servir ? Fait-elle l’unanimité au sein du CFCM ? Eléments de réponse.

Que contient le texte ?
“Aucune conviction religieuse ne peut être invoquée pour se soustraire aux obligations des citoyens”, écrivent les responsables du CFCM dans le préambule de cette charte qui n’a pas encore été rendue publique, mais dont franceinfo a pu obtenir une copie. “Nous réaffirmons d’emblée que ni nos convictions religieuses ni toute autre raison ne sauraient supplanter les principes qui fondent le droit et la Constitution de la République”, assurent-ils.

La charte contient dix articles. Le sixième, probablement le plus attendu, est consacré au “rejet de toutes les formes d’ingérence et de l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques”.“Nous refusons que les lieux de culte servent à diffuser des discours politiques ou importent des conflits qui ont lieu dans d’autres parties du monde. Nos mosquées et lieux de culte sont réservés à la prière et à la transmission de valeurs.”

Les signataires Article 6 de la “charte des principes pour l’islam de France”
Les lieux de culte ne doivent ainsi pas être utilisés pour diffuser des “discours nationalistes défendant des régimes étrangers et soutenant des politiques étrangères hostiles à la France”, ajoute le texte, avant de poursuivre : “Nous prenons l’engagement d’assurer de plus en plus le financement de nos lieux de culte par des financements nationaux (…) Les signataires doivent rejeter clairement toute ingérence de l’étranger dans la gestion de leurs mosquées et la mission de leurs imams”.

Par ailleurs, les signataires de la charte devront s’engager “à ne pas criminaliser un renoncement à l’islam, ni à le qualifier ‘d’apostasie'”. De même, les responsables du CFCM veulent faire respecter l’égalité femme-homme, “un principe fondamental” (article 4). L’article 8, consacré à “l’attachement à la laïcité et aux services publics”, rappelle enfin “le rôle essentiel de l’enseignant dans notre société et l’importance de l’école, qui doit être préservée des maux qui touchent la société”.