Bray-sur-Seine : France Fraternités défend le maire face à Christian Jacob

Pierre Henry, le président de l’association, réfute toute contrepartie dans le recrutement d’Emmanuel Marcadet au poste de directeur du futur centre provisoire d’hébergement de Bray.

article publié sur le site du parisien.fr le 15 09 2018

«Il n’y a aucun conflit d’intérêts. Le maire a bien le droit de travailler. » Par la voix de son président Pierre Henry, l’association France Fraternités réagit à l’attaque du député Christian Jacob (LR) contre Emmanuel Marcadet, le maire (LREM) de Bray-sur-Seine.

Le parlementaire s’interroge sur le recrutement dde ce dernier au poste de directeur d’un centre provisoire d’hébergement (CPH) pour réfugiés, à Bray. France Fraternités doit l’ouvrir dans les prochains jours dans la cité Briolle, sur décision de l’Etat.

Estimant la commune « inadaptée à un tel accueil massif » – on parle de 80 réfugiés munis de papiers -, Christian Jacob vient de solliciter le ministère de l’Intérieur. Il veut savoir comment son concurrent aux dernières législatives a pu décrocher ce poste.

«Je veux savoir comment la décision a été prise et s’il y a eu contrepartie. Pour moi, il y a, a minima, conflit d’intérêts », déclarait-il, ce lundi, dans nos colonnes.

« M. Marcadet a été recruté pour ses compétences, sa connaissance du terrain et l’envie manifestée »

« Il n’y a pas eu de contrepartie, assure Pierre Henry. M. Marcadet a été recruté pour ses compétences, sa connaissance du terrain et l’envie manifestée de s’occuper de cette structure. Il a aussi l’obligation de suivre une formation en deux ans pour acquérir toutes les qualifications nécessaires afin de diriger un établissement médico-social. Rien n’empêche de recruter le maire d’une commune, qui est sans emploi. On devrait plutôt se glorifier du fait que quelqu’un sorte du chômage ! Ce combat politique n’a aucun sens. »

Sollicitée sur le sujet vendredi, la préfecture n’a pas été en mesure de fournir une réponse claire au sujet d’un éventuel conflit d’intérêts. Elle affirme toutefois avoir été mise au courant de la volonté d’Emmanuel Marcadet de prendre la direction du CPH de Bray.

« Aucune délibération du conseil municipal relative à l’implantation du CPH n’a été transmise à ce jour aux services de la préfecture, écrit-elle. L’examen d’une éventuelle incompatibilité ou conflit d’intérêts sera fait le moment venu. »

Sauf que le conseil municipal ne devrait pas avoir à se prononcer sur ce sujet, qui ne fait pas partie de ses compétences, selon Emmanuel Marcadet, en rappelant que c’est un projet d’Etat.